Brexit – Retour sur le discours de Theresa May

Theresa May a détaillé, mardi 17 janvier, son plan pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Ce discours était très attendu par les Français et autres ressortissants européens résidant dans le pays, pour qui les enjeux sont grands. La première ministre britannique a malheureusement confirmé son intention de s’engager dans la voie d’un « hard » Brexit, avec une sortie du marché unique européen qui impliquera l’abandon du principe de libre circulation des personnes et un contrôle étroit des flux d’immigration au Royaume-Uni.

Si, dans la présentation de ses points clés, la première ministre a assuré vouloir « défendre les droits des Européens en Grande-Bretagne et des Britanniques dans l’UE », elle n’a donné aucune garantie et n’a présenté aucun élément nouveau sur cette préservation des droits des expatriés, qui pourraient malheureusement servir de monnaie d’échange dans les négociations de sortie. Le calendrier reste flou mais le sort des résidents européens pourrait n’être fixé qu’en 2019, à l’issue de deux années de négociations (à compter de l’activation de l’article 50, probablement en mars).

J’ai conscience que cette situation est difficile et angoissante pour les ressortissants européens, qui souhaitent obtenir plus de garanties sur leur avenir en Grande-Bretagne. J’ai l’intention d’interpeller prochainement, par courrier, Mme Amber Rudd, ministre de l’intérieur, sur le traitement des ressortissants européens, en lui demandant notamment de simplifier le processus de demande de résidence permanente. Le statut de résident permanent apporte une preuve écrite et légale du droit de séjour au Royaume-Uni et est par ailleurs nécessaire pour toute demande de naturalisation. Les Français et les ressortissants de l’Union européenne qui vivent au Royaume-Uni – des travailleurs, des étudiants, des personnels soignants, des artisans, des retraités – ont apporté, au fil des ans, une contribution fantastique à la société et à l’économie britanniques et beaucoup d’entre vous considèrent le Royaume-Uni comme leur pays d’adoption. Il me paraît juste, si vous souhaitez l’obtenir, que l’accès au statut de résident permanent vous soit facilité, grâce à une simplification des démarches administratives. Mon action va dans ce sens et je vous tiendrai informés des réponses qui me seront apportées par l’administration britannique.

Je continuerai par ailleurs à suivre l’avancée des négociations et je ne manquerai pas de vous tenir au courant des évolutions quant à vos droits, dans les prochains mois, via mes infolettres et mes permanences.