#17 BREXIT – Témoignage d’une Française au Royaume-Uni

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Après ma Licence d’Anglais (1975) je suis venue au RU en tant qu’assistante de français pendant deux ans dans deux écoles secondaires. Ensuite j’ai décidé de m’installer au RU, obtenu un poste dans l’enseignement supérieur ainsi que d’autres diplômes et ai épousé un enseignant britannique.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

J’occupe toujours ce poste dans la même université et suis maintenant chargée des relations internationales dans mon département et me retrouve donc dans une situation assez ironique puisque je recherche et accueille de nouveaux partenaires et étudiants à travers le monde alors que ma propre situation a été remise en cause par BREXIT.

Je n’ai aucun problème avec mes collègues qui sont, et ont toujours été, très ouverts et favorables à la mobilité des ressortissants étrangers et l’internationalisation de l’université et nous partageons les mêmes inquiétudes quant au BREXIT, l’avenir de l’Europe et de ses ressortissants au RU et la montée du populisme.

Mon mariage n’a pas « tenu », mes enfants 32 et 22 ans respectivement nés après 1983 ont la double nationalité, ils ont un passeport britannique plus facile à obtenir que le passeport français qui requiert deux déplacements à Londres si la ville britannique de résidence n’a pas de Consul honoraire autorisé à délivrer le passeport.

Je suis toujours revenue régulièrement en France (au moins trois fois par an, vacances, weekends) où j’ai gardé de fortes attaches avec ma famille et amis et où je dispose d’une maison à retaper.

3) Dans quelle mesure ce vote a-t-il influencé la relation que vous entretenez avec le pays et avec les Britanniques ainsi que vos projets futurs (en termes d’activité professionnelle, de mobilité et de choix lié à la nationalité) ?

Depuis que je suis installée au RU j’ai contribué et à la State Pension et à la Teachers’ Pension dans le but de partager ma retraite entre la France et le RU, ce qui est maintenant très sérieusement compromis puisque le gouvernement britannique a déjà pris des mesures contre les ressortissants Français et Italiens qui ont cotisé à une caisse de retraite privée et menace de se servir des ressortissants européens comme outils de négociation avec L’UE.

L’imposition de la nationalité Britannique (au processus très onéreux et très long, qui s’accompagne de la dépossession du passeport pendant 6 mois) pour rester avec mes enfants risque de s’accompagner de mesures qui feront que je ne pourrais pas bénéficier de ma retraite en France comme c’est le cas à présent.

Le gouvernement britannique doit reconnaitre le rôle et l’importance culturelle des ressortissants étrangers sur son sol, enseignement et entreprises, et ne pas les pénaliser. Environ 25% du corps enseignant au RU est représenté par des ressortissants européens.

Le gouvernement britannique se doit de mesurer l’impact de BREXIT sur les finances des universités et la nécessité de donner la priorité à la défense des employés qui sont ressortissant de l’UE.

L’UE et la France se doivent aussi de défendre avec force ces droits et ces citoyens qui ont contribué et contribuent à l’épanouissement et rayonnement de la France et l’UE.

4) Quelles sont vos attentes vis-à-vis des gouvernements français et britannique, et de l’Union européenne ?

Je me suis toujours sentie la bienvenue au RU aussi bien dans la rue que par mes collègues et amis.

Habiter et vivre au RU est un constant enrichissement qui vient d’être complètement gâché et détruit par BREXIT et le gouvernement de Mrs May.