Compte-rendu de mon déplacement en Islande (17-19 mars)

Je me suis rendu à Reykjavik du 17 au 19 mars dernier. Accueilli par l’attaché de défense Danemark et Islande le lieutenant-colonel Johanic Galodé attendant les signaux du passage de la patrouille de France vers le Groenland, j’ai eu le plaisir au cours de ce séjour d’avoir des entretiens variés avec des Français résidant en Islande et des responsables islandais. Je tiens tout particulièrement à remercier les services réactifs de l’Ambassade de France à Reykjavik qui ont su trouver les relais et faciliter considérablement ce dernier déplacement dans le cadre de mon mandat. Le 18 mars au matin, au cours d’un entretien avec Gaëlle Hourriez-Bolâtre, chargée d’affaires de l’Ambassade, nous avons évoqué l’état des relations franco-islandaises. L’économie islandaise a connu un redressement en 2009 en misant sur le développement du tourisme qui est devenu le premier secteur à l’exportation devant la pêche (27% du PIB). L’Islande a investi dans la production d’énergie verte grâce à l’hydroélectricité et à la géothermie. L’augmentation du tourisme pose néanmoins des soucis pour la sécurisation des sites, la pollution de certaines aires et la montée des prix. Il suffit de se promener au centre de Reykjavik pour comprendre cette passion touristique quelles que soient les saisons. Notre pays a des capacités de gestion des masses touristiques et je suis sûr que ce savoir-faire sera utilisé dans nos relations commerciales.

J’ai tenu ensuite une permanence parlementaire au Consulat de France où j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec le docteur Bertrand Lauth, médecin référent de l’Ambassade. Spécialiste de la psychiatrie de l’enfant, le docteur travaille à l’Université de médecine de Reykjavik et monte régulièrement des colloques franco-islandais dans ce secteur. Ces colloques annuels se déroulent dans les deux langues et participent d’un dialogue médical entre spécialistes français et islandais. En cette journée internationale de la Francophonie, je tiens à saluer ces initiatives essentielles pour faire vivre une francophonie concrète et nécessaire. J’ai poursuivi les échanges avec le Consul, M. Olivier Dachicourt, qui nous a présenté les défis de l’activité consulaire en Islande. La communauté française d’Islande a considérablement augmenté ces dernières années et compte environ 530 ressortissants dont la plupart habite dans la région de Reykjavik. Cette communauté est relativement récente puisque les premières arrivées remontent aux années soixante. Ce fut un moment émouvant de rencontrer l’une des doyennes de la communauté habitant depuis quarante ans en Islande.

Ma conférence sur les conséquences du Brexit

Accueilli par son dynamique directeur Jean-François Rochard, j’ai tenu une conférence à l’Alliance française de Reykjavik sur les conséquences du Brexit pour l’Europe du Nord en rappelant les différentes étapes du débat politique britannique et sur l’analyse des conséquences en évoquant les conclusions de la mission d’information créée à l’Assemblée Nationale. Le diplomate islandais travaillant sur le Brexit, M. Gunnar Snorri Gunnarsson, était également présent et a mis en évidence les inquiétudes islandaises car la priorité pour le Royaume-Uni est de préparer sa sortie et de négocier des accords avec tous les pays de l’Union avant de s’intéresser aux pays extérieurs à l’Union. Au-delà de la situation, j’ai tenu à montrer les conséquences concrètes du Brexit sur les conditions de résidence, la recherche et l’enseignement supérieur en Grande-Bretagne. Árni Páll Árnosson, ancien ministre social-démocrate des finances et des affaires sociales, était présent à cette réunion pour discuter des inquiétudes islandaises sur la défense et les nouvelles alliances politiques à chercher.

Avec le diplomate islandais Gunnar Snorri Gunnarsson
Avec Árni Páll Árnosson, ancien ministre social-démocrate des finances et des affaires sociales

La journée s’est achevée par un dîner en présence d’Einar Hermannsson, Président de l’Alliance française de Reykjavik et directeur de JCDecaux, Arielle Mabilat, membre du comité administratif de l’Ambassade et établie en Islande depuis 28 ans, Marion Herrera, présidente de l’association des parents d’enfants francophones et professeure de philosophie, le lieutenant-colonel Johanic Galodé, Gaëlle Hourriez-Bolâtre et Stéphane Aubergy, guide, importateur de vins et champagnes et membre du conseil administratif de la chambre de commerce franco-islandaise. Ces échanges m’ont beaucoup plu car ces Français sont établis depuis longtemps en Islande, avec un amour de leur pays de résidence et leur volonté de mettre en place des passerelles interculturelles au sein de leur activité. Un vrai symbole pour cette francophonie du Nord que j’ai tenu à représenter depuis le début de mon mandat.

Dernière infolettre de mon mandat

Voici la dernière infolettre de mon mandat (disponible ici), je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne continuation dans un esprit de combat et de lucidité par rapport aux défis collectifs qui nous attendent.

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Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Presque trois années pour vous représenter avec à la clé des joies immenses, des moments de doute, des événements tragiques vécus à vos côtés. Je repars avec beaucoup de fierté de m’être battu pour vos droits au moment où le gouvernement britannique s’apprête à lancer l’article 50 qui aura des conséquences plus qu’incertaines pour vous, citoyens européens, pour l’Union européenne, pour le Royaume-Uni, mais aussi pour tous les autres pays d’Europe du Nord.

C’est pour cela qu’avoir un(e) député(e) représentant les Français établis en Europe du Nord a du sens à une époque où les changements géopolitiques sont majeurs, pour protéger la liberté de circulation et d’échanges et pour maintenir une ouverture vers les autres. Que vous soyez installés temporairement ou définitivement dans un pays d’Europe du Nord, binationaux ou pas, un représentant doit pouvoir établir des liens avec la France dans un jeu d’expatriation/impatriation. Il faut pour cela que vous veniez participer aux prochaines échéances électorales car elles seront capitales pour l’avenir de la France et pour définir un cap dans ce monde tellement incertain.

Le gouvernement a décidé d’annuler le vote électronique pour les élections législatives, ce qui a provoqué votre colère. Cette colère, je l’entends car elle est saine. Votre aspiration à participer aux élections, je la comprends et la fais mienne. Les conditions de sécurité n’étant pas réunies après les tests effectués par le Ministère, les autorités, sur la base de renseignements fiables et raisonnés, ont préféré ne pas prendre de risques. Cela signifie qu’il est possible de voter à l’urne, par procuration et par correspondance (seulement aux législatives pour cette dernière option, et à condition de s’inscrire auprès de votre Consulat jusqu’au 14 avril prochain).

Je me rendrai en Islande du 17 au 19 mars pour un dernier déplacement afin de rendre compte de mon mandat et d’y donner une conférence à l’Alliance française de Reykjavik sur les conséquences du Brexit en Europe du Nord (samedi 18 mars à 14.30). À partir du 28 mars prochain, Axelle Lemaire reprendra le flambeau pour vous représenter jusqu’au mois de juin, je vous laisse le soin de la contacter pour tous les sujets qui vous préoccupent.

Fidèle à ma conception (https://christophepremat.com/2014/05/22/un-nordique-a-lassemblee-nationale/) et à mon projet de circonscription sur la francophonie du nord (https://christophepremat.com/2014/07/17/francophonies-du-nord-un-veritable-souffle-pour-la-troisieme-circonscription/), je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne continuation dans un esprit de combat et de lucidité par rapport aux défis collectifs qui nous attendent.

Avec mes très sincères salutations,

Christophe Premat

Compte-rendu de mon déplacement à Copenhague le 8 mars 2017

Le 8 mars dernier, je me suis rendu à Copenhague pour y rencontrer nos compatriotes et nos forces vives. La Chambre de Commerce franco-danoise m’a accueilli en présence du conseiller consulaire Luc de Visme pour un échange avec des entrepreneurs travaillant dans le numérique, l’ingénierie de l’éducation et le développement durable. Les relations franco-danoises économiques sont largement perfectibles même si pour des investisseurs danois, des craintes subsistent quant à la stabilité de l’environnement économique français. Ce fut l’occasion de rappeler les efforts effectués depuis quelques années sur l’exportation et la simplification des démarches administratives. Cela étant, je me sens une responsabilité comme parlementaire dans les mesures fiscales car la fiscalité ressort souvent plus complexe des débats budgétaires tenus au Parlement. Pour avoir une lisibilité fiscale, il faudrait pouvoir tester les mêmes dispositifs au cours d’un quinquennat en diminuant les ajustements. Mon ressenti est que le fait de détricoter certaines mesures fiscales tient également au poids des lobbies qui profitent des navettes parlementaires entre l’Assemblée Nationale et le Sénat. Lors de cette rencontre, j’ai été heureux de pouvoir saluer le prix French Tech du Danemark, Aurélia Durand, de la start-up Harmonirak (http://www.doubleu.dk/) accordé par la Chambre de Commerce franco-danoise et financé en partie sur ma réserve parlementaire.

J’ai continué mes visites avec Luc de Visme par un entretien au Parlement danois avec la députée social-démocrate Yildiz Ardogan avec laquelle nous avons évoqué le futur européen, les nouvelles initiatives européennes des États-membres, la montée des revendications nationalistes et les nouvelles alliances politiques possibles. Nous avons pu comprendre tout ce qui sépare un système institutionnel favorisant les coalitions et les convergences sur certaines politiques publiques de notre système majoritaire. La social-démocratie au niveau européen gagnerait à se faire entendre sur une position de convergence des normes sociales et fiscales. Je me suis ensuite rendu au lycée français pour rencontrer les enseignants afin de discuter des évolutions de l’AEFE et de notre réseau éducatif et culturel dans le monde dans un contexte d’incertitude géopolitique. J’ai eu ensuite le plaisir de répondre aux questions d’une classe de lycéens sur le mandat de député des Français de l’étranger. L’après-midi s’est poursuivi par des permanences parlementaires et une réunion publique autour du thème « transparence et politique », organisée en partenariat avec la section du parti socialiste français au Danemark.

Les colères sont fortes à l’égard d’un système politique à bout de souffle. Si le jeu politique semble en apparence ouvert, ce n’est pas tant par des difficultés conjoncturelles qu’un cycle qui s’achève. En ce sens, il y aura une révolution institutionnelle qui nous permettra peut-être de rétablir des règles et une ligne politique lisible et assumée. J’ai eu le plaisir d’interroger deux étudiants bénéficiant du SU danois, l’équivalent du revenu universel proposé par Benoît Hamon. Les conditions sont spécifiques, l’avantage est que ce revenu garantit une autonomie à des jeunes danois qui trouvent la capacité de développer un projet entrepreneurial ou d’une autre nature. C’est en ce sens qu’une telle proposition devrait être débattue. La journée s’est conclue par un pot d’amitié avec l’association Français du Monde au Danemark présidée par Sylvie Guetienne que je tiens tout particulièrement à saluer et à remercier.

Compte rendu de la réunion du 2 mars à Londres – bilan de mandat et Brexit

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Mon mandat touche à sa fin. Dès la fin du mois de mars, Axelle Lemaire, qui a démissionné du gouvernement, reprendra son mandat de députée, elle qui avait été élue en 2012 dans la circonscription de l’Europe du Nord. Cette réunion avait un double objectif, vous présenter mon bilan, les actions menées ces deux dernières années et aussi répondre à vos interrogations. En voici un compte rendu (vous avez également la possibilité de visionner les échanges sur ma page Facebook).

Vers un futur désirable…

Le message que j’ai voulu porter lors de cette réunion est que le futur peut être désirable. Il faut pour cela vous mobiliser pour contrer les mouvances conservatrices et nationalistes car ce n’est pas en construisant un imaginaire national que l’on arrivera à ce futur désirable. Il y a des mouvements dans lesquels vous pouvez vous engager et des moments aussi, avec bien évidemment les élections présidentielles et législatives. J’entends le climat malsain et très anxiogène créé par le vote du Brexit. Il faut bien entendu se positionner face au Brexit mais il est également essentiel de proposer des sources de mobilisation pour l’avenir et se focaliser sur le futur du projet européen.

Le Brexit et les instruments de mobilisation à votre disposition

La France est et sera à vos côtés mais il ne faut surtout pas se tromper de cible. La décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne est une décision unilatérale et on est d’ailleurs dans une improvisation assez forte côté britannique. La décision de garantir les droits des ressortissants européens au Royaume-Uni revient donc bien au gouvernement britannique. La France, la Commission européenne et les autres Etats-membres sont d’ailleurs très clairs sur le fait qu’aucune négociation ne peut se faire tant que l’article 50 n’a pas été activé. Cela peut être mal vécu par quelques-uns mais vous payez le prix ici des flottements et du manque de préparation et de stratégie du gouvernement britannique. Le gouvernement français et l’Union européenne seront là pour défendre vos droits une fois l’article 50 enclenché.

Le climat est nauséabond et le Brexit un processus négatif de régression mais ne vous laissez pas anéantir, ne rendez pas le Brexit plus fort. Vous avez une marge de manœuvre et des instruments de mobilisation à votre disposition. J’en vois principalement deux avec votre droit de pétition auprès du Parlement européen. C’est un de vos droits fondamentaux de citoyen européen. La pétition peut être une demande individuelle, une plainte ou une observation concernant l’application du droit communautaire ou une incitation lancée au Parlement pour qu’il prenne position sur un sujet. Ces pétitions permettent au Parlement européen de mettre en évidence une violation des droits d’un citoyen européen par un État membre.

Vous pouvez également faire remonter vos plaintes de citoyens auprès de la Commission européenne qui pourra engager une action en justice — une procédure d’infraction — contre un État membre qui ne met pas en œuvre le droit de l’Union.

Il y a donc des solutions du côté européen qu’il faut utiliser pour faire pression sur le gouvernement britannique pour mettre fin au délire bureaucratique en cours. Il y a le problème de l’assurance maladie qui ne devrait pas être demandée aux étudiants ou aux personnes ne travaillant pas mais disposant de fonds suffisants. Il y a les questions qui ne devraient pas être posées sur ce formulaire de 85 pages de résidence permanente qui a clairement été complexifié pour décourager les demandes (voir ma lettre à Amber Rudd du 27 janvier 2017). Des améliorations notoires ont été faites très récemment pour ce qui est du formulaire en ligne mais rien pour le formulaire papier. Il y a aussi l’inflexibilité du Home Office et les lettres de refus avec l’intimation de quitter le pays. Sur ce point, il faut être très clair, la non-possession de la carte de résidence permanente ne remet absolument pas en cause votre droit de résider au Royaume-Uni ou de bénéficier des soins gratuits de la NHS tant que le Royaume-Uni fait partie de l’Union européenne. Si on vous dit le contraire, vous avez l’Etat français et les instruments du droit communautaire à votre disposition. Je compile des témoignages Brexit depuis décembre pour justement aider à la mobilisation collective. Il faut faire remonter les infractions à la libre circulation, c’est-à-dire au droit européen. Plus l’absurdité et les infractions vont être mises en avant, plus le gouvernement britannique devra revoir son jeu.

A la suite du rapport de la mission d’information sur les suites du référendum britannique et le suivi des négociations, j’ai aussi déposé une proposition relative à la garantie des droits des Français(es) établi(e)s au Royaume Uni après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. On se rend bien compte ici, dans un contexte de Brexit, du rôle de la représentation de la communauté française à l’étranger à travers les députés ou les sénateurs.

Mon conseil est que les Français du Royaume-Uni fassent la demande de carte de résidence permanente, premier pas nécessaire vers la citoyenneté britannique. Je sais qu’Emmanuel Macron vient à Londres et appelle au retour en France. Ce n’est pas mon discours car je sais que nombre d’entre vous ont fait leur vie ici. En revanche, pour ceux ayant prévu un retour en France, sachez que l’impatriation a beaucoup été débattue durant ce quinquennat avec des nouveaux outils à votre disposition pour faciliter vos démarches dont un nouveau service en ligne. Je me suis battu également pour réduire et supprimer les délais de carence au moment de la réaffiliation à la sécurité sociale.

Pour ce qui est de la nationalité britannique, c’est votre choix, un choix qui peut être l’expression d’une volonté très légitime de participer à la vie publique de son pays d’adoption. Un choix qui vous donnerait le droit de vote et donc le droit de donner un carton rouge au gouvernement conservateur aux prochaines élections.

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Compte rendu de ma visite au service de la nationalité des Français nés et établis hors de France

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Je me suis rendu ce mercredi 22 février au service de la nationalité des Français nés et établis hors de France car il m’importe de me rendre compte du fonctionnement des services avec lesquels de nombreux concitoyens à travers le monde sont en contact chaque année. Ma visite à la Direction des Résidents à l’Etranger et des Services Généraux (DRESG) en octobre dernier répondait du même objectif.

Le service de la nationalité des Français nés et établis hors de France est compétent pour toutes les demandes de certificat de nationalité (CNF) des personnes nées à l’étranger et y résidant. 27% des demandes de CNF sont adressées à ce service, ce qui en fait le plus important service en matière de demandes de CNF. Le public est reçu à la banque d’accueil du lundi au vendredi de 9h30 à 17h00 et une permanence téléphonique est assurée aux mêmes horaires. Un accueil sur rendez-vous sera également mis en place à compter du 1er mars 2017. Le service ne travaillant qu’avec des originaux, il n’est pas possible d’envoyer son dossier par email.

A l’occasion de ma visite, j’ai eu l’occasion de me rendre compte de la réalité du travail des agents en charge de l’accueil et de la permanence téléphonique, celui du personnel qui s’occupe du tri du courrier et celui des rédacteurs qui analysent les dossiers en préparant les projets de décisions avant de les signer. J’ai aussi pu comprendre le travail du personnel travaillant sur les notifications, les recours, les préalables et les rejets directs et je remercie le Directeur du service Bruno Grasswill ainsi que son équipe de m’avoir donné une présentation complète du service.

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