#22 TÉMOIGNAGE D’UNE FRANÇAISE AU ROYAUME-UNI

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Je suis ici depuis 40 ans, je suis mariée à un anglais.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

Jusqu’au 23 Juin, je pensais que les Britanniques se moquaient des étrangers par humour mais malheureusement j’ai découvert que beaucoup se sentent vraiment supérieurs. Je ne comprends pas pourquoi les journaux comme le  Daily Mail , le Daily Express, le Mirror, le Sun ont le droit d’avoir des titres comme : «  at 11o’clock everybody turns towards France and sticks two fingers to Delors », je sais ce titre est ancien, mais les titres des journaux sont toujours aussi  europhobes et xénophobes. « We will get more British born doctors ». Je suis allée a une réunion pendant la campagne du référendum dans la ville où j’habite. Dominic Raab, notre député, était venu encourager les électeurs à sortir de l’Europe. En tant que Française je ne me suis pas sentie capable de parler , une amie suissesse a parlé en défendant l’Europe et a été modérément agressée par sa voisine,  elle s’était présentée comme Suissesse, les Français sont  plus visés par les xénophobes.

3) Dans quelle mesure ce vote a-t-il influencé la relation que vous entretenez avec le pays et avec les Britanniques ainsi que vos projets futurs (en termes d’activité professionnelle, de mobilité et de choix lié à la nationalité) ?

Je participe à la politique ici et en France, en passant du temps a me renseigner et toute ma famille proche a joint le parti « Liberal Democrat ». Nous avons été tellement choqués par la campagne et la réalisation que les Britanniques croyaient ce que les journaux populaires écrivaient, que nous avons beaucoup parlé de tous émigrer, mais cela s’est révélé une impossibilité. Je suis maintenant physiquement ici mais psychologiquement en  Europe, en France, j’aimerais aussi reconstruire l’idée que nous sommes mieux ensemble, que l’Europe doit survivre

4) Quelles sont vos attentes vis-à-vis des gouvernements français et britannique, et de l’Union européenne ?

 Il faudrait sécuriser les frontières de l’Europe. Il faudrait continuer à partager la recherche, Erasmus etc.L’Europe a besoin d’éduquer sa population au sujet des avantages à travailler ensemble. La population anglaise est  très consciente et suit l’état de son économie. En France la population ne connait pas bien l’état de l’économie comme la contribution des différentes industries aux impôts. Ici tout le monde a l’air de savoir que la City ramène plus de 71 billions de livres à la trésorerie britannique. Il faudrait que les Européens se concentrent plus sur l’économie de leurs pays.

#21 Témoignage d’une Française au Royaume-Uni

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Je suis arrivée en Angleterre en 2005 en tant qu’ambassadrice de la ville d’Angers afin de promouvoir et renforcer les relations de jumelages avec la ville de Wigan (dans le Nord West du Royaume Uni). L’année auparavant, j’étais partie quelques mois en Australie ou j’ai rencontré mon petit ami, un britannique originaire de Londres. Nous avons repris notre relation lorsque je suis arrivée à Wigan. Ce petit-ami est devenu mon mari, nous vivons depuis quelques années à Londres et avons fondé une famille.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

Rien n’a changé concrètement dans mon quotidien, j’ai l’énorme chance de vivre dans un quartier très cosmopolite de Londres. J’ai cependant ressenti un profond impact psychologique et une angoisse quasi-quotidienne vis a vis de mes droits et l’accès à la société britannique post-Brexit. Les discours successifs du gouvernement notamment au mois de Septembre ont remis en cause mon existence dans ce pays et celle de ma famille. Je n’ai pas eu le droit de voter dans ce referendum, cependant mes droits seront éventuellement affectés et ceci sans un mot à dire. Je me sens en otage du Brexit. Lire la suite

#20 BREXIT – TÉMOIGNAGE D’UNE FRANÇAISE AU ROYAUME-UNI

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Je suis arrivée en Ecosse avec mon mari de l’époque en 1977, en tant qu’assistante de français et j’ai aimé le pays et son peuple. Nous avons donc décidé de nous installer au Royaume-Uni et d’y faire notre vie. Je suis maintenant mariée à une Britannique.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

Rien n’a vraiment changé ici. Beaucoup de gens qui ont voté pour le Brexit me disent « toi ce n’est pas pareil, on n’a pas voulu dire qu’on ne voulait pas de toi ». Je ne me suis pas senti rejetée mais j’ai parfois eu droit à des commentaires étranges, du style « Vous êtes chanceuse, vous n’avez pas un fort accent ».
Sur le plan personnel, même si j’étais consciente que le référendum était susceptible d’être favorable au Brexit, j’ai été vraiment étonnée du comportement désagréable du gouvernement britannique envers les citoyens européens de longue date, qui ont contribué au pays pendant de nombreuses années.

3) Dans quelle mesure ce vote a-t-il influencé la relation que vous entretenez avec le pays et avec les Britanniques ainsi que vos projets futurs (en termes d’activité professionnelle, de mobilité et de choix lié à la nationalité) ?

Je suis ici depuis 39 ans. Je n’ai pas d’autre choix que d’y rester. J’ai pensé à un retour en France et cela semble vraiment difficile. Je n’ai aucun droit en France et je ne me sentirais pas bien accueillie. Ma pension d’État me sera versée au Royaume-Uni. Ma femme a 73 ans et est trop âgée pour tout recommencer. Je n’ai ni la patience ni l’argent pour demander la nationalité britannique, et je ne la souhaite pas particulièrement. Je travaille comme femme de ménage et je n’ai pas remarqué que mon statut européen faisait une différence pour mes employeurs.

4) Quelles sont vos attentes vis-à-vis des gouvernements français et britannique, et de l’Union européenne ?

Je n’ai aucune attente, ni du gouvernement français ni du gouvernement britannique. Pourquoi devraient-ils se soucier d’une vieille dame comme moi ? La conjoncture économique dictera ce qui arrivera aux migrants européens. Je doute fort que le gouvernement français soit heureux de rapatrier les dizaines de milliers d’expatriés qui vivent au Royaume-Uni. Quand j’étais enfant, j’ai vu les réfugiés algériens français atterrir à Marseille, et le gouvernement était indifférent à leur sort. J’espère que ça ne se reproduira plus. Il me semble improbable que plus de 3 millions de personnes soient expulsées du Royaume-Uni.

#19 BREXIT – TÉMOIGNAGE D’UNE FRANÇAISE AU ROYAUME-UNI

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Afin de valider ma licence, car je devais effectuer un stage de 2 mois à l’étranger. N’ayant pas trouvé d’entreprise pour faire mon master en alternance et poursuivre mes études, j’ai décidé de rester pour perfectionner mon anglais.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

J’habite en Ecosse donc mon ressenti est différent. L’Ecosse a majoritairement voté pour rester dans l’Union européenne. J’ai un sentiment d’incompréhension et de colère quant aux réelles motivations des votants dans le reste du Royaume-Uni. Un vote basé sur la peur de l’immigration. C’est dommage.

3) Dans quelle mesure ce vote a-t-il influencé la relation que vous entretenez avec le pays et avec les Britanniques ainsi que vos projets futurs (en termes d’activité professionnelle, de mobilité et de choix lié à la nationalité) ?

Je ne me sens plus à ma place au Royaume-Uni et j’espère de tout cœur que Nicola Sturgeon et les Ecossais feront le nécessaire.

Je n’ai aucune intention de demander la nationalité, même si je le pourrais. Je ne souhaite pas être Britannique et ne me sens pas proche de leur mentalité et valeurs. Mon fils aura la double nationalité à partir de juin, il pourra ainsi faire ses propres choix lorsqu’il sera plus grand. 

J’ai maintenant la ferme intention de quitter le pays d’ici à 2 ans pour retourner en France ou en Europe centrale. Je n’imagine pas habiter ailleurs que dans un pays de l’Union européenne.

De plus, je pense que la situation va terriblement se détériorer ici et je ne veux pas que mon fils en subisse les conséquences. Mes économies ont déjà fondu comme neige au soleil, le pound a perdu toute sa valeur, les prix vont augmenter… Bref, selon moi, de mauvaises années en perspective.

4) Quelles sont vos attentes vis-à-vis des gouvernements français et britannique, et de l’Union européenne ?

Mes attentes… je n’en ai pas vraiment. Je sais de toute façon que nous servirons de monnaie d’échange et serons pris en tenaille. Ils ont déjà commencé avec la nouvelle réforme sur les fonds de retraite (ndlr : voir https://christophepremat.com/2016/12/22/mon-intervention-pour-defendre-les-francais-du-royaume-uni-lors-de-la-seance-de-questions-au-gouvernem/)

J’ai le sentiment que ce sera un Brexit à la dure. C’est ce que Theresa May souhaite.

#18 BREXIT – Témoignage d’une Française au Royaume-Uni

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Je suis venue à Londres en 2005, initialement pour une période d’un an, pour y faire un master. J’ai trouvé du travail avant même la fin de ce master et suis donc restée. J’ai par la suite rencontré le père de mes deux enfants et suis maintenant bien ancrée, intégrée et heureuse à Londres.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

A l’annonce de la date du référendum, j’ai éprouvé une grande colère. David Cameron a été absolument lamentable et porte beaucoup de responsabilité sur ce qu’il s’est passé. Paradoxalement, à l’annonce des résultas le 24 juin, je n’étais pas si paniquée ni ébranlée. Ce n’est que depuis cette fameuse Tory party conference que je me fais du soucis. Les fauves sont lâchés et il semble qu’il n’y ait plus de limites à l’imbécilité, l’arrogance et la xénophobie. Je n’ai pas, comme d’autres Européens, reçu des remarques offensives dans mon entourage. Les seuls propos offensifs viennent du gouvernement lui-même (Amber Rudd qui souhaiterait forcer les entreprises à rendre public le nombre d’étrangers qu’elles emploient et le ministre de l’immigration Robert Goodwill qui veut taxer les employeurs qui oseraient recruter des Européens, etc). Pour rappel, le discours de la Home Secretary Amber Rudd à la conférence du parti Tory a d’ailleurs été catégorisé par la police comme un « hate-crime incident ».

3) Dans quelle mesure ce vote a-t-il influencé la relation que vous entretenez avec le pays et avec les Britanniques ainsi que vos projets futurs (en termes d’activité professionnelle, de mobilité et de choix lié à la nationalité) ?

Je suis déçue. Je ne pensais pas que le Royaume-Uni pouvait être si xénophobe. Eurosceptique, oui, mais pas xénophobe, ou pas à ce point. Il m’arrive de rencontrer des gens qui ont vraisemblablement voté Brexit (déduction uniquement basée sur leur manière très positive d’aborder le futur hors de l’UE). Je me demande alors toujours: « souhaitent t-il réellement que je parte? Sous couvert d’être très cordiaux, veulent t-ils me renvoyer « chez moi »? ». Je trouve cela déstabilisant.

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