Infolettre du 29 avril

Retrouvez l’intégralité de l’infolettre ici.


Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Dans leur ouvrage Et si on arrêtait les conneries, Dany Cohn-Bendit et Hervé Algalarrondo plaident pour un changement de régime institutionnel avec l’adoption de la proportionnelle intégrale pour favoriser des coalitions et des compromis nécessaires aux réformes à entreprendre. Si l’idée est intéressante et si le cadre majoritaire de la Ve République peut apparaître inadapté à notre temps, il nous importe de ne pas uniquement rester obnubilé par le mode de scrutin. Le changement institutionnel serait davantage un préalable à une transformation constitutionnelle plus fondamentale. Le paradoxe du pouvoir est souvent que les croyances en la décision politique souveraine se muent en sentiment d´impuissance alimentant frustrations et déception collectives.

Si les analyses de Dany Cohn-Bendit et d’Hervé Algalarrondo sonnent justes sur la proportionnelle, le reste est beaucoup trop bâclé et trop éphémère pour constituer un véritable socle de réflexion. Nous vivons davantage dans un Lire la suite

Consultation citoyenne : quel avenir pour l’Union européenne ?

L’Assemblée nationale organise une consultation citoyenne en ligne jusqu’au 29 avril 2016, sur le thème de l’avenir de l’Union européenne. C’est l’occasion pour vous, en ces temps de questionnement avec le référendum au Royaume-Uni en juin, de donner votre avis sur votre vision de l’avenir de l’UE.

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L’UE, confrontée à de multiples défis et menaces, est aujourd’hui plus fragile que jamais. Elle a besoin d’un élan nouveau, qui ne pourra venir que de ses citoyens. Qu’attendre de l’Union européenne? Qu’apporte-t-elle à chacun au quotidien ? Faut-il plus, moins d’Europe ?

Les résultats de cette consultation seront présentés lors de la Conférence des présidents des Parlements de l’UE à Luxembourg en mai prochain, en même temps que ceux de la consultation lancée par la Chambre des députés italienne. Ils seront également publiés sur le site de l’Assemblée.

Pour participer, il vous suffit de vous identifier sur le site de l’Assemblée nationale, puis de répondre aux questions qui vous sont proposées.

 

Infolettre mi-Avril 2016

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Dans ses ouvrages et ses conférences, le sociologue Zygmunt Bauman effectue une différence entre ce qu’il nomme la modernité solide et la modernité liquide. Bien loin des clichés sur le postmodernisme, il montre que la modernité liquide s’appuie sur des idées telles que le postulat de la flexibilité, la souplesse et l »élasticité de la vie alors que la modernité solide est plutôt liée à des repères plus fixes dans l’organisation des conditions de travail.

Dans le débat qui s’est ouvert depuis un mois en France sur le projet de loi « nouvelles libertés et nouvelles protections pour les entreprises et les actifs” (appelée ”loi travail”), nous retrouvons ce clivage entre ceux qui sont soucieux de préserver des trajectoires professionnelles cohérentes et ceux qui théorisent les ruptures de la vie professionnelle et la nécessité de travailler dans plusieurs cadres organisationnels.

D’un point de vue nordique, ce projet de loi aurait mérité de porter uniquement sur le Compte Personnel Activité (le CPA) synthétisant le compte pénibilité et le compte épargne-temps. L’idée de changer une culture organisationnelle et politique en préparant des accords de branche et non des accords d’entreprise est assez proche de ce qui se fait dans les pays d´Europe du Nord. Le problème est que notre dialogue social est fortement dégradé et que les syndicats et les organisations patronales restent faibles et peu représentatifs du monde du travail. Un tel projet de loi a besoin d’un cadre collectif assez fort pour éviter que ce CPA ne devienne un argument pour une simple flexibilisation du travail.

C´est l’occasion de réfléchir sur les conditions de travail, sur l’alternance des rythmes, les nouvelles maladies professionnelles, le phénomène du burn out et le droit à la déconnexion. Comme l’écrivait l’architecte Richard Sennett, les sociétés plus égalitaires sont celles qui sont fondées sur un modèle coopératif où les individus apportent une valeur ajoutée à l’organisation. Il est donc fondamental que ce CPA ne soit pas réduit à une individualisation du rapport au travail, mais qu’il soit un repère pour les trajectoires professionnelles des personnes ayant également exercé à l’étranger.

Si vous habitez à proximité de Londres, je vous invite par la même occasion à venir écouter et rencontrer Axelle Lemaire qui fera une présentation le 15 avril à 11h45 au King’s College sur la manière dont le numérique bouscule nos schémas de pensée et contribue à la réorganisation collaborative du travail.

Avec mes sentiments dévoués,
Christophe Premat

Retrouvez l’intégralité de cette infolettre ici.

Infolettre Avril 2016

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Fin de partie. La révision constitutionnelle n’a pas eu lieu, le Parlement a exercé ses prérogatives et rappelé toutes les difficultés de ce type de mesures. On ne change pas la Constitution sous le coup de l’émotion, c’est un cadeau trop beau donné à ceux qui veulent nous diviser et renverser nos valeurs.

J’aurais tant aimé que nous travaillions collectivement sur un projet de révision constitutionnelle plus ambitieux avec un débat de fond sur l’état de nos institutions. Le bicaméralisme est-il adapté à notre temps? Faut-il conserver notre système semi-présidentiel ou au contraire l’aménager? Le mode de scrutin est-il également à réformer en introduisant la proportionnelle, ce qui constitue un vieux débat?

Même si le politologue Maurice Duverger avait montré que le changement de mode de scrutin impliquait un Lire la suite

Infolettre mi-Mars 2016

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

« L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même » écrivait au 19e siècle le géographe libertaire Élisée Reclus. Si l’examen du projet de loi sur la biodiversité intervient en seconde lecture à l’Assemblée Nationale cette semaine, il faut reconnaître que son temps de préparation a été allongé.

Pourquoi une telle incubation? Pourquoi y a-t-il eu un délai d’une année entre son examen en commission et son examen en séance lors de la première lecture? Tout simplement parce que ce texte suscite des résistances et que les lobbies profitent de ces atermoiements du calendrier parlementaire pour Lire la suite