J’exprime ma solidarité au peuple et aux parlementaires britanniques touchés par l’attentat survenu à Londres

Un terrible attentat a frappé le quartier de Westminster à Londres et le Parlement britannique ce mercredi 22 mars.

J’exprime mon entière solidarité au peuple et aux parlementaires britanniques et transmets mes sincères condoléances aux blessés et aux familles des victimes.
D’après des informations confirmées par l’AFP, trois lycéens français en visite à Londres avec leur classe font partie des blessés. Je leur adresse, ainsi qu’à leurs camarades et à leurs familles, ma totale sympathie et leur assure de ma pleine disponibilité.

Je salue la rapidité de l’intervention des forces de l’ordre et des services de secours britanniques et le calme dont ont fait preuve les députés de la Chambre des Communes en pleine session parlementaire.

Alors que nous commémorons le triste anniversaire des attentats survenus à Bruxelles il y a un an jour pour jour, ces actes de nature terroriste qui ont frappé Londres nous rappellent que les risques d’attaques contre la démocratie restent permanents en France comme partout en Europe et dans le monde et nous encouragent à renforcer la collaboration européenne en matière de renseignement et de lutte contre la menace terroriste.

#26 TÉMOIGNAGE D’UN FRANÇAIS AU ROYAUME-UNI

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Je suis arrivé fin 2011 après avoir été recruté par un cabinet de conseil sur les énergies basé à Edimbourg, en Ecosse.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

J’ai bien entendu été extrêmement déçu du résultat du vote du 23 juin. Mais, résidant dans une région qui a voté majoritairement Remain, mon entourage a été très solidaire. Mes collègues étaient par exemple aussi déprimés que moi par le résultat ! Les RH à mon travail suivent très attentivement les développements autour du Brexit et répètent régulièrement qu’elles sont déterminées à conserver les employés EU malgré le Brexit. Ce soutien permanent depuis juin dernier fait que je ne suis pas inquiet outre-mesure pour l’avenir. Je suis confiant pour mon emploi et sait que mon employeur cherchera à me conserver, quelles que soient les nouvelles règles en vigueur post-2019. Ceci étant dit, je remarque tout de même une libération de la parole anti-Européens depuis juin dernier. Peut-être que je fais aussi plus attention aux plaisanteries sur le sujet mais je trouve néanmoins que le vote a libéré une parole xénophobe chez certains individus.

3) Dans quelle mesure ce vote a-t-il influencé la relation que vous entretenez avec le pays et avec les Britanniques ainsi que vos projets futurs (en termes d’activité professionnelle, de mobilité et de choix lié à la nationalité) ?

Je me plais beaucoup au Royaume-Uni et continue d’apprécier la nature multi-culturelle du pays. Je ne prévois pas de quitter ce pays à moyen terme, même si on ne sait jamais de quoi l’avenir est fait ! Niveau nationalité, je ne m’imagine pas demander la nationalité britannique, même si je suis résident ici depuis plus de 5 ans. Je suis également réticent à faire la demande de permis de résidence mais tant mon employeur que mon entourage m’incitent à le faire. Il est donc probable que je m’y attelle sous peu !

4) Quelles sont vos attentes vis-à-vis des gouvernements français et britannique, et de l’Union européenne ?

J’attends du gouvernement britannique qu’il maintienne les droits des résidents EU dans le pays. J’attends du gouvernement français qu’il fasse pression sur le gouvernement britannique pour le respect des citoyens EU au R-U. Et j’attends bien évidemment de nos élus – député(e) en tête – qu’ils continuent de sensibiliser les pouvoirs publics sur la situation des citoyens français au Royaume-Uni. Malgré les caricatures, nous sommes loin d’être tous des privilégiés cherchant à fuir l’impôt français !

 

#25 TÉMOIGNAGE D’UNE FRANÇAISE AU ROYAUME-UNI

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Je suis arrivée en Angleterre comme assistante française en 1969. Cela faisait partie de mes études pour ma licence d’anglais. Je suis revenue en France pour passer mes examens mais en 1970 j’ai décidé de revenir en Angleterre pour y trouver du travail. Je m’étais fait des amis à Londres et c’était une façon d’échapper à une atmosphère étouffante dans une famille difficile.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

Dans un sens je m’attendais au résultat du référendum mais ça a quand même été un choc. J’avais remarqué que l’atmosphère avait beaucoup changé ces dernières années! Je n’ai pas eu de problèmes en particulier depuis mais je ne me sens plus chez moi et je trouve les critiques constantes vis à vis de l’UE très difficile à supporter. J’ai aussi du mal à dormir et je me fais du souci pour l’avenir. Lire la suite

Compte rendu de la réunion du 2 mars à Londres – bilan de mandat et Brexit

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Mon mandat touche à sa fin. Dès la fin du mois de mars, Axelle Lemaire, qui a démissionné du gouvernement, reprendra son mandat de députée, elle qui avait été élue en 2012 dans la circonscription de l’Europe du Nord. Cette réunion avait un double objectif, vous présenter mon bilan, les actions menées ces deux dernières années et aussi répondre à vos interrogations. En voici un compte rendu (vous avez également la possibilité de visionner les échanges sur ma page Facebook).

Vers un futur désirable…

Le message que j’ai voulu porter lors de cette réunion est que le futur peut être désirable. Il faut pour cela vous mobiliser pour contrer les mouvances conservatrices et nationalistes car ce n’est pas en construisant un imaginaire national que l’on arrivera à ce futur désirable. Il y a des mouvements dans lesquels vous pouvez vous engager et des moments aussi, avec bien évidemment les élections présidentielles et législatives. J’entends le climat malsain et très anxiogène créé par le vote du Brexit. Il faut bien entendu se positionner face au Brexit mais il est également essentiel de proposer des sources de mobilisation pour l’avenir et se focaliser sur le futur du projet européen.

Le Brexit et les instruments de mobilisation à votre disposition

La France est et sera à vos côtés mais il ne faut surtout pas se tromper de cible. La décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne est une décision unilatérale et on est d’ailleurs dans une improvisation assez forte côté britannique. La décision de garantir les droits des ressortissants européens au Royaume-Uni revient donc bien au gouvernement britannique. La France, la Commission européenne et les autres Etats-membres sont d’ailleurs très clairs sur le fait qu’aucune négociation ne peut se faire tant que l’article 50 n’a pas été activé. Cela peut être mal vécu par quelques-uns mais vous payez le prix ici des flottements et du manque de préparation et de stratégie du gouvernement britannique. Le gouvernement français et l’Union européenne seront là pour défendre vos droits une fois l’article 50 enclenché.

Le climat est nauséabond et le Brexit un processus négatif de régression mais ne vous laissez pas anéantir, ne rendez pas le Brexit plus fort. Vous avez une marge de manœuvre et des instruments de mobilisation à votre disposition. J’en vois principalement deux avec votre droit de pétition auprès du Parlement européen. C’est un de vos droits fondamentaux de citoyen européen. La pétition peut être une demande individuelle, une plainte ou une observation concernant l’application du droit communautaire ou une incitation lancée au Parlement pour qu’il prenne position sur un sujet. Ces pétitions permettent au Parlement européen de mettre en évidence une violation des droits d’un citoyen européen par un État membre.

Vous pouvez également faire remonter vos plaintes de citoyens auprès de la Commission européenne qui pourra engager une action en justice — une procédure d’infraction — contre un État membre qui ne met pas en œuvre le droit de l’Union.

Il y a donc des solutions du côté européen qu’il faut utiliser pour faire pression sur le gouvernement britannique pour mettre fin au délire bureaucratique en cours. Il y a le problème de l’assurance maladie qui ne devrait pas être demandée aux étudiants ou aux personnes ne travaillant pas mais disposant de fonds suffisants. Il y a les questions qui ne devraient pas être posées sur ce formulaire de 85 pages de résidence permanente qui a clairement été complexifié pour décourager les demandes (voir ma lettre à Amber Rudd du 27 janvier 2017). Des améliorations notoires ont été faites très récemment pour ce qui est du formulaire en ligne mais rien pour le formulaire papier. Il y a aussi l’inflexibilité du Home Office et les lettres de refus avec l’intimation de quitter le pays. Sur ce point, il faut être très clair, la non-possession de la carte de résidence permanente ne remet absolument pas en cause votre droit de résider au Royaume-Uni ou de bénéficier des soins gratuits de la NHS tant que le Royaume-Uni fait partie de l’Union européenne. Si on vous dit le contraire, vous avez l’Etat français et les instruments du droit communautaire à votre disposition. Je compile des témoignages Brexit depuis décembre pour justement aider à la mobilisation collective. Il faut faire remonter les infractions à la libre circulation, c’est-à-dire au droit européen. Plus l’absurdité et les infractions vont être mises en avant, plus le gouvernement britannique devra revoir son jeu.

A la suite du rapport de la mission d’information sur les suites du référendum britannique et le suivi des négociations, j’ai aussi déposé une proposition relative à la garantie des droits des Français(es) établi(e)s au Royaume Uni après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. On se rend bien compte ici, dans un contexte de Brexit, du rôle de la représentation de la communauté française à l’étranger à travers les députés ou les sénateurs.

Mon conseil est que les Français du Royaume-Uni fassent la demande de carte de résidence permanente, premier pas nécessaire vers la citoyenneté britannique. Je sais qu’Emmanuel Macron vient à Londres et appelle au retour en France. Ce n’est pas mon discours car je sais que nombre d’entre vous ont fait leur vie ici. En revanche, pour ceux ayant prévu un retour en France, sachez que l’impatriation a beaucoup été débattue durant ce quinquennat avec des nouveaux outils à votre disposition pour faciliter vos démarches dont un nouveau service en ligne. Je me suis battu également pour réduire et supprimer les délais de carence au moment de la réaffiliation à la sécurité sociale.

Pour ce qui est de la nationalité britannique, c’est votre choix, un choix qui peut être l’expression d’une volonté très légitime de participer à la vie publique de son pays d’adoption. Un choix qui vous donnerait le droit de vote et donc le droit de donner un carton rouge au gouvernement conservateur aux prochaines élections.

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#24 Témoignage d’une Française au Royaume-Uni

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Nous habitions aux Etats-Unis depuis plusieurs années et mon mari a été muté au bureau de Londres. Nous sommes arrivés le 22 mai 2016, tout juste un mois avant le referendum sur le Brexit. Apres plusieurs années de l’autre côté de l’Atlantique, nous souhaitions vraiment nous rapprocher de la France mais nous n’étions pas prêts à rentrer non plus. Nous aimons la vie d’expatriés, le quotidien en anglais, la découverte de nouvelles cultures. Londres nous semblait être la meilleure destination et cette mutation est arrivée au bon moment.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

Je suis née en 1985 et je me suis toujours sentie résolument européenne. Je crois en l’idéal européen et je suis bien évidemment très déçue et triste que les Britanniques aient voté majoritairement en faveur du Brexit. Mais, même si nous n’avons vécu au Royaume-Uni que très peu de temps avant le referendum – 1 mois – et qu’il est compliqué pour nous de comparer l’avant et l’après, je n’ai pour l’instant pas l’impression d’un réel changement dams la vie de tous les jours. Nous vivons à Londres qui a majoritairement voté Remain et ou beaucoup de ressortissants européens sont installés. Les gens semblent vivre comme avant même s’ils sont déçus et inquiets pour le futur.  Lire la suite