Ma question écrite sur les conditions du retour en France de certains chercheurs postdoctorants

J’ai été interpellé sur la situation précaire rencontrée par certains chercheurs postdoctorants rentrant en France et il m’a apparu nécessaire d’attirer à mon tour l’attention de Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur cette situation. Je l’ai fait à travers une question écrite que vous pouvez retrouver ici.

Le problème, tel qu’il m’a été présenté, est que bien qu’il existe des accords européens sur l’allocation chômage qui permettraient aux chercheurs postdoctorants n’ayant pas d’activité à leur retour de bénéficier d’une allocation chômage, les délais se cumulent et dans la plupart des cas, ces chercheurs touchent leur première allocation 6 mois après leur réinstallation. Il faut ainsi compter au moins deux mois pour obtenir le formulaire U1 au Royaume-Uni et pour cela il faut transmettre le contrat P45 justifiant de la fin du contrat de travail. Une fois arrivés en France, il faut ensuite que ces chercheurs travaillent un jour pour ouvrir leurs droits. J’ai donc demandé à la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche si des mesures sont prévues pour débloquer cette situation et simplifier les conditions d’obtention de cette allocation. J’ai également demandé si le ministère compte demander à l’ANR de proposer le programme retour postdoctorants (PDOC) afin d’attirer ces publics précieux pour la recherche et l’innovation.

#20 PORTRAITS DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER

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Je suis ravi de vous présenter le portrait d’un Français établi à Vilnius, Lituanie depuis 17 ans.

1/ Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer à l’étranger ?

J’ai suivi le cursus pour l’obtention de mes CAP de boulangerie et de pâtisserie entre 1988 (j’avais 16 ans) et 1991. A partir de 1991, dans le cadre du marché unique européen en gestation, le Conseil régional d’Ile de France a organisé un dispositif (stage linguistique, aide à la recherche d’un emploi…) centré sur l’artisanat, qui m’a permis de décrocher un emploi à Londres à partir de janvier 1992, puis un second, jusqu’à mon retour en France en juin 1993. A l’époque ma motivation était d’accumuler des expériences et de voyager à l’étranger.

A mon retour j’ai suivi une formation en alternance d’un an pour l’obtention d’un brevet professionnel en boulangerie, à l’intérieur duquel était organisé un échange avec des étudiants de Saint-Petersbourg, de là démarre ma motivation pour les pays de l’Est.

Chef boulanger en 1997, l’étape d’après aurait été d’ouvrir ma boulangerie, mais dans mon cas, à 25 ans, sans relations, ça s’est avéré trop difficile. J’étais donc dans une voie de garage.

En 1999, un de mes anciens examinateurs, devenu retraité, aidait une chaîne de grandes surfaces installée en Lituanie à créer des boulangeries. Mon premier séjour à Vilnius est intervenu en juillet 1999 et a duré deux semaines. On m’a alors proposé un contrat de travail comme responsable du développement des boulangeries et pâtisseries de cette chaîne, et j’ai commencé en septembre. C’était le moyen de sortir de la routine, et de l’identité qui m’était assignée d’»arabe de banlieue ».

En parallèle j’ai rencontré dès mon premier séjour à Vilnius celle qui deviendra mon épouse, avec laquelle j’ai maintenant deux enfants.

2/ Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui et la relation que vous entretenez avec le pays dans lequel vous vivez ?

En 2004, après 5 ans à développer les boulangeries/pâtisserie de la chaîne, j’ai ouvert ma boulangerie, avec une aide financière de mon ancien employeur. Au bout de 5 ans, du fait du propriétaire, j’ai été contraint de fermer la boulangerie et de me mettre à chercher du travail, tout en effectuant des missions en « free-lance » (également hors de Lituanie, au Kazakhstan, au Belarus et en Russie). Finalement en 2011 j’ai été embauché par la première chaîne de supermarchés du pays, comme responsable production-suivi de la qualité des boulangeries-pâtisseries.

Au bout de 16 ans de séjour en Lituanie, je peux dire qu’il m’a bien fallu dix ans pour franchir toutes les barrières linguistiques et culturelles. Bien que les mentalités évoluent, il m’arrive cependant encore d’être témoin de manifestations de xénophobie qui me révoltent toujours.

3/ Quelles sont les spécificités locales de votre pays d’accueil qui pourraient être les plus bénéfiques à transposer en France ?

La capacité de se transformer, des possibilités plus importantes d’évolution professionnelle en fonction des seuls talents et compétences .

4/ Qu’est-ce que vous apporte le fait d’être Français dans votre pays d’accueil ?

Outre une certaine francophilie ambiante, dans mon domaine professionnel ça vaut reconnaissance de compétence.

#18 PORTRAITS DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER

Je suis ravi de vous présenter le portrait d’une française établie à Londres depuis 8 ans.
Capture d’écran 2015-09-10 à 13.47.54Ce visuel me represente bien – je suis sur scène avec ma troupe (je porte la robe verte).

1/ Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni? 

Je me suis installée à Londres il y a 8 ans, j’avais 29 ans. J’avais fait toutes mes études en France et je travaillais depuis quelques années à Paris où j’avais grandi. Une envie de changement, de découvrir cette ville merveilleuse, énergique et entreprenante fut ma principale motivation. Jamais je n’aurai pensé y rester si longtemps.

2/ Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui  et la relation que vous entretenez avec le Royaume-Uni ? 

J’ai deux vies professionnelles, le conseil en innovation et en marketing et le théâtre. Après avoir travaillé de nombreuses années chez L’Oréal à Paris puis Reckitt et Unilever à Londres, j’ai créé Brand Opium, une société de conseil en tendances, innovation et études marketing. Avec mes clients, nous développons les innovations de demain. J’ai également créé avec des amis une compagnie de théâtre Tamise en Scène, qui est rapidement devenue l’une des compagnies de théâtre préférées des français de Londres. Nous montons depuis 2008 des pièces de théâtre, et nous nous avons joué dans de nombreux théâtres de la ville : Steiner Theatre, Canal Cafe Theatre, Hen & Chickens, Leicester Square Theatre et bientôt au Chelsea Theatre. Nous organisons également des concerts. A la demande du public, nous avons développé des ateliers de théâtre pour permettre à d’autres de goûter aux joies de la scène. Un vrai succès. Tamise en Scène me permet non seulement de pratiquer ma passion, mais également de rester en étroit lien avec la communauté française de Londres.

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#17 PORTRAITS DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER

Aujourd’hui je vous présente le portrait d’une Française installée en Suède depuis plus de 30 ans.

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1)      Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer à l’étranger ?

J’ai rencontré à l’âge de 24 ans un Suédois venu étudier en France et je cherchais un pays d’Europe de l’Ouest où m´établir pour y enseigner le français comme langue étrangère. Ayant étudié l’allemand à l’université en France, j’avais eu l’occasion de participer à des échanges en Allemagne de l’Ouest et en Autriche, pays dans lequel j’avais passé une année comme assistante de français (1978). J’ aurais bien voulu m’ installer en Autriche mais ce pays était à l´époque très protectionniste et il était très difficile pour un étranger de s’y procurer un permis de travail. Mon expérience en Allemagne n’était pas positive, ceci dû à une pollution industrielle extrême dans la région où j’avais été envoyée en échange. Je ne savais absolument rien à l´époque sur la Suède mais j’en avais une impression plutôt bonne. Et il s’avérait qu’avec l’ aide de mon petit ami suédois il était tout à fait envisageable de quitter la France pour la Suède. Et à l’âge de 24 ans on est prêt à prendre des risques, d’autant plus que ma situation à l´époque de maîtresse auxiliaire d’allemand n’avait absolument rien d’excitant ! Il s’ agissait plutôt de trouver une porte de sortie pour quitter cette galère !

2)      Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui et la relation que vous entretenez avec le pays dans lequel vous vivez ?

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#16 PORTRAITS DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER

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1/ Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer à l’étranger

Basé en France et travaillant dans le milieu pétrolier offshore, cette vie professionnelle m’a amené à voyager pour des séjours de quelques mois à quelques années en Europe, Nord et Sud, Afrique de l’Ouest et Amérique du Sud. Maîtrisant plusieurs langues étrangères, les déplacements étaient plus enrichissants que contraignants.

En 1985, ma vie privée m’a conduit à décider de prendre de la distance avec la France, et de rester dans le pays où je travaillais alors, la Norvège.

Je me suis très tôt considéré autant Européen que Français. J’ai par exemple suivi avec enthousiasme la création d’Airbus et son devenir. J’ai des amis dans de nombreux pays européens, résultats d’échanges de jeunesse ou de ma vie professionnelle.

2/ Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui  et la relation que vous entretenez avec le pays dans lequel vous vivez ?

À la fin de ma période d’expatriation en Norvège pour une compagnie pétrolière, j’y ai créé une entreprise d’ingénierie sous-marine locale que j’ai plus tard revendue à un groupe industriel. J’ai ensuite créé une seconde entreprise, d’exploration pétrolière, entreprise dans laquelle je travaille toujours.

Je me suis remarié avec une Norvégienne, élevant mes enfants dont j’avais eu la garde. Je mène depuis lors une vie tout à fait locale, avec bien sûr de forts liens avec la France et ma famille française.

Mes enfants sont mariés avec des Norvégiens et des Islandais, ce qui augmente encore le cercle culturel. Ils parlent chacun quatre langues étrangères.

Je suis complètement intégré à la société civile norvégienne, sans doute grâce à l’aide de ma famille norvégienne qui m’a toujours considéré comme l’un des leurs, trouvant nos différences, culinaires ou autres, plus intéressantes que gênantes. La Norvège est après tout un pays européen de culture chrétienne, l’adaptation y est donc facile. La langue n’est jamais un problème pour autant que l’on décide de s’y mettre.

Cela ne m’empêche pas d’être président du bureau de vote français de Stavanger quand l’occasion m’en est donnée.

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