Mon intervention en Commission des affaires culturelles lors de l’audition d’un historien du programme « 13 Novembre »

J’ai assisté mercredi 14 décembre à l’audition de M. Denis Peschanski en Commission des affaires culturelles. M. Peschanski est un historien qui co-dirige le programme de recherche « 13 novembre ». Ce programme a pour objectif d’étudier la construction et l’évolution de la mémoire après les attentats du 13 novembre 2015 ainsi que l’articulation entre mémoire individuelle et mémoire collective. Ce programme de recherche très ambitieux est fondé sur le recueil et l’analyse de témoignages de 1000 personnes volontaires touchées directement, indirectement, à Paris, dans sa région, dans plusieurs villes de France. Ces personnes seront interrogées à quatre reprises en dix ans. L’originalité de l’étude est qu’elle associe des disciplines d’ordinaire autonomes comme l’histoire, la sociologie, les mathématiques ou encore la neurologie.

J’ai ainsi pu parler de l’importance d’institutionnaliser notre relation à la culture mémorielle, en prenant l’exemple de la Suède qui possède depuis 2001 un forum de l’histoire vivante (Forum för levande historia). Cette institutionnalisation passe également par la gouvernance mémorielle, c’est à dire les entrepreneurs de mémoire comme les fondations ou les musées qui relaient cette mémoire. J’ai aussi rappelé la nécessité d’une classification plus fine des « bystanders » qui sont ceux qui assistent ou qui sont les témoins d’évènements. Je me félicite en tout cas de cet investissement, par l’intermédiaire d’un programme public, de l’étude de la mémoire, qui est une des voies vers la résilience individuelle et collective.

Mon intervention sur BBC World Service, un an après les attentats du 13 novembre 2015

Je suis intervenu sur BBC World Service afin d’évoquer la nécessité de ne pas s’accoutumer à l’état d’urgence. Il nous faut, un an après les attentats du 13 novembre 2015, un retour à la normale avec toutefois un état de vigilance accrue impliquant des services de renseignement plus efficaces et une collaboration renforcée entre les différents services. Il est nécessaire de prendre acte des dysfonctionnements mais aussi des réussites de nos services de renseignement pour éviter d’autres actes terroristes sur notre territoire. Il convient également de se pencher sur les Français partis faire le djihad en Syrie et en Irak et tenter de comprendre ce qui a poussé ces Français au départ. La solution qui consisterait à les mettre tous en prison n’est pas satisfaisante et une réflexion plus élaborée est nécessaire. La justice est selon moi au coeur des solutions à long terme que nous devons trouver.