La lutte contre le virus Ebola: une priorité de la France

Le président de la République s’est entretenu ce vendredi avec le Président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita. Outre le processus politique et sécuritaire au Mali, les deux présidents ont également évoqué la situation sanitaire liée au virus d’Ebola qui touche aujourd’hui deux structures hospitalières de Bamako– le chef de l’Etat a renouvelé au Président malien tout son soutien.
 
Annick Girardin a pour sa part inauguré en Guinée le centre de traitement contre Ebola que la France s’était engagée à ouvrir, en présence des commissaires européens Christos Stylianides, chargé de l’action humanitaire et coordonnateur européen pour Ebola, et Vytenis Andriukaitis, chargé de la santé.
 
Face à Ebola, « la France se tient aux côtés de la Guinée ». « Aucun autre pays n’est engagé comme la France en Guinée, par les financements, par le conseil, par la mobilisation […]sur le terrain » (A. Girardin, 14/11/14) :
–          Avec ce centre, la France « tient […] son engagement » : ce centre est créé à la demande de la Guinée, financé par la France à hauteur de 11 millions d’euros, et géré par la Croix-Rouge française. Il est implanté en Guinée forestière, dans la zone la plus touchée du pays ;
–          Ce centre « est le premier centre soutenu par la France en Guinée ». Mais « nous allons faire davantage, et nous avons commencé à le faire » : « pour préparer l’équipement de deuxouveaux centres de traitement » – « deux équipes de la sécurité civile française sont à pied d’œuvre » ; pour former les personnels, soignants et non soignants ; pour lutter contre le virus – « l’institut Pasteur amplifie ses activités […] avec la création d’un centre d’expertise à Conakry » (A. Girardin, 14/11/14).

Solidarité des systèmes de santé dans les pays francophones

M. Christophe Premat attire l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargée du développement et de la francophonie, sur la manière dont l’initiative d’Oslo pourrait être diffusée dans les pays africains touchés de plein fouet par le virus Ebola. En effet, l’initiative « Diplomatie et santé » avait été lancée par les ministres des Affaires étrangères des sept pays suivants, à New York en 2006 : France, Norvège, Brésil, Indonésie, Sénégal, Afrique du Sud et Thaïlande. En mars 2007, ces ministres avaient renouvelé leur engagement à travers la déclaration d’Oslo : « À l’heure de la mondialisation et d’une interdépendance croissante, il est impératif d’élargir le champ de la politique étrangère. Ensemble, nous faisons face à de nombreux et urgents défis qui requièrent des réponses concertées et des efforts communs. Parmi ces sujets un des plus importants est celui de la santé internationale ». Dans le groupe de travail, l’anticipation des crises sanitaires était développée avec l’idée qu’au-delà des crises, il était nécessaire de consolider les systèmes de santé de ces pays. Il aimerait savoir si la France pourrait mobiliser davantage les institutions francophones et notamment l’Organisation internationale de la francophonie sur les objectifs de cette initiative. L’OIF pourrait être un participant essentiel à une initiative centrée sur la solidarité des systèmes de santé.

Retrouvez cette question écrite sur le site de l’Assemblée Nationale.

RECHERCHE SUR EBOLA

Geneviève Fioraso a tenu à saluer vendredi 24 octobre le développement par le CEA d’un test diagnostic rapide du virus Ebola, eZYSCREENdont la phase d’industrialisation démarrera à la fin du mois. Le laboratoire Inserm de haute sécurité microbiologique P4 Jean Mérieux a accordé sa validation technique sur la souche qui sévit actuellement en Afrique de l’ouest. Ce test facilitera la chaîne sanitaire et logistique en permettant de réaliser un diagnostic en moins de 15 minutes sur le terrain, au plus près des populations touchées. Geneviève Fioraso salue la réactivité de la recherche française, qui démontre une fois encore sacapacité à se mobiliser pour répondre rapidement et efficacement à des enjeux de santé publique majeurs. Aujourd’hui, l’ensemble des organismes de recherche de l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN) se sont mobilisés pour répondre à l’urgence sanitaire mondiale d’Ebola.
C’est une question que certains d’entre vous m’ont posée lors de la permanence téléphonique tenue en Irlande en septembre dernier.

Virus Ebola : développer les systèmes de santé des pays africains

J’ai posé une question écrite à Annick Girardin au sujet des victimes du virus Ebola. Retrouvez ma question sur le site de l’Assemblée Nationale.

M. Christophe Premat alerte Mme la secrétaire d’État, auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargée du développement et de la francophonie, sur le danger possible de stigmatisation des victimes d’ebola en Afrique. La France agit directement, avec un centre de traitement ebola prochainement déployé en Guinée forestière, comme l’a indiqué le Président de la République dans sa conférence de presse du 18 septembre 2014. Les autorités sanitaires guinéennes et les organisations non gouvernementales sont soutenues. La France a été présente et a su mobiliser l’Union européenne puisque la Commission européenne a réuni plus de 150 millions d’euros. Un mécanisme européen de coordination des évacuations sanitaires et de prise en charge hospitalière pourrait voir le jour. Au-delà de ces actions décisives, il existe un danger de stigmatisation des victimes du virus regardées comme des personnes pestiférées susceptibles de propager les effets du virus. Le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) exige que les États prennent des mesures pour garantir le « droit à la santé », notamment des mesures de prévention, de traitement et de contrôle de l’épidémie. Le virus ebola révèle des systèmes de santé fragiles. Il aimerait savoir si, au-delà des mesures décrites, la France pourrait encourager l’Union européenne à consolider sur le long terme les systèmes de santé de tous ces pays afin que l’accès aux soins soit garanti pour tous et que les victimes de telles épidémies n’en soient pas exclues.