La France et l’Ecosse après le Brexit

Interrogé par un journaliste britannique sur les relations entre la France et l’Ecosse à la suite du vote du Brexit, j’ai rappelé qu’il y avait beaucoup de sympathie envers les Ecossais, qui je le rappelle, ont voté à 62% pour rester dans l’Union européenne. Il y aura sûrement des rencontres informelles entre nos deux pays car il est nécessaire de connaître tous les points de vue en vue des négociations avec le Royaume-Uni. Pourtant, et quelles que soient nos bonnes relations historiques avec l’Ecosse, la « Vieille Alliance » ou Auld alliance en scots ne peut signifier pour la France mener un accord avec le pays en vue de son maintien dans l’Union européenne. Aussi dure que peut sembler cette position, de telles discussions avec l’Ecosse pourraient être vues comme une tentative de diviser le Royaume-Uni et seraient regrettables. La priorité est d’établir un nouvel agenda des relations entre la France et le Royaume-Uni.

Vous pouvez retrouver cet entretien ici.

Infolettre du mois de février 2016

Chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Je partage le constat du philosophe Gilbert Simondon qui évoquait dans son grand ouvrage Du mode d’existence des objets techniques la nécessité de développer une culture des objets techniques. Je pense même que cette conception doit être réactualisée pour pouvoir partager une culture des objets numériques, des objets connectés qui nous environnent, nous facilitent la vie mais parfois nous surveillent aussi. Il est ainsi essentiel de légiférer sur ce secteur et de proposer une République numérique.

La secrétaire d’Etat au numérique Axelle Lemaire a porté avec succès ce projet en s’appuyant sur une méthode participative avec notamment une phase d’élaboration citoyenne qui a modifié le profil initial du projet de loi.  Les amendements citoyens ont été ensuite discutés et confirmés par les discussions parlementaires. Ce texte dépassait les clivages traditionnels et il fallait faire preuve de prudence pour ne pas non plus surdéterminer certaines contraintes que le Législateur aurait été tenté d’ajouter.

Neutralité du net, portabilité des données d’un fournisseur d’accès à un autre,  protection des données personnelles avec une demande de consentement express en cas d’analyse des contenus de messagerie, les discussions parlementaires ont permis d’approfondir d’autres dimensions dont l’habilitation des associations de défense du domaine public et de promotion de la diffusion des savoirs pour ester en justice en cas d’atteinte à la libre réutilisation des œuvres entrées dans le domaine public.

C’est une discussion que nous avons eue en commission des affaires culturelles lors de l’examen du projet de loi « Liberté de création, architecture et patrimoine ». La définition d’un domaine public dépend en grande partie de directives européennes sur le droit d’auteur. En l’occurrence, il est juste que des œuvres entrées dans le domaine public soient disponibles pour tous.

Je me réjouis également que nous ayons abordé les questions de souveraineté numérique face aux géants du net (les GAFA), avec notamment la nécessité d’élaborer nos propres systèmes de codage, nous sommes revenus implicitement aux origines du système internet qui était une excroissance du système de défense américain. Il n’est ainsi pas exagéré de se poser ce type de questions lorsque nous définissons les principes d’une république numérique inclusive.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat

Vous pouvez retrouver l’intégralité de mon infolettre ICI.

PERMANENCE TÉLÉPHONIQUE POUR LES FRANÇAIS ÉTABLIS EN ECOSSE

Afin que ceux qui le souhaitent puissent s’entretenir avec moi, je tiendrai une permanence téléphonique à destination des Français établis en Ecosse le jeudi 8 octobre entre 20h et 22h, heure écossaise.

Le principe est simple: vous vous inscrivez à l’adresse suivante – sarah.amalvy@christophepremat.com – en indiquant votre numéro de téléphone et le thème que vous souhaitez aborder. Nous reviendrons vers vous ultérieurement avec un planning précis.

Si vous êtes en France ou ailleurs, vous pouvez également laisser un numéro mais notez que les entretiens auront lieu entre 20h et 22h, heure écossaise.

Un conte initiatique pour enfants et adultes

C’était au Festival d’Édimbourg, du 7 au 31  juillet. 

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 » A Édimbourg, Skins and Hoods, de Gustave Akakpo, mis en scène par Matthieu Roy, transporte le quotidien des enfants de la Seine-Saint-Denis sur d’autres rives, où il résonne avec la même force.

Avec ses douze festivals, son in et son off, qui font une seule et même grande fête recouvrant la capitale et ses collines volcaniques sous près de cinq mille spectacles, de toutes les formes et de toutes les langues, le Festival d’Édimbourg est unique au monde. Après une première expérience en 2013, où il donne la version anglaise de Prodiges de Mariette Navarro, traduite en How to Be a Modern Marvel par Katherine Mendelsohn, Matthieu Roy y revient par la grande porte avec Skins and Hoods, du Togolais Gustave Akakpo, présentée à l’Institut français d’Écosse dans le fringe. C’est la seconde vie et la nouvelle peau de Même les chevaliers tombent dans l’oubli, à nouveau joliment traduit par Katherine Mendelsohn, qui sait aller à l’essence même du texte. On aime cette association de «  peaux  » et «  capuches  », les capuches étant à nombre d’adolescents une seconde peau, et pouvant encore signifier «  quartiers  »… Dans cette simple accolade entre deux mots, elle ouvre déjà à tout l’univers métaphorique de l’auteur togolais. Créée en 2014, à la suite d’une commande du conseil général de Seine-Saint-Denis, la pièce était la première d’une trilogie, Visages de notre jeunesse, que Matthieu Roy a fait suivre de Martyr, de Marius von Mayenburg, puis de Days of Nothing, de Fabrice Melquiot.

Tout est en noir et blanc, en clair-obscur, ouvrant l’imaginaire

Ici, tout démarre à la cour de récré. Ils sont cinq enfants à tourner autour de Mamadou, à le harceler sous le regard de George qui, comme son prénom ne l’indique pas, est une fille. Mais si Mamadou et George sont de vrais enfants et d’excellents comédiens (Thierry Mabonga et Moyo Akandé), les autres sont des images. C’est la première bonne surprise de ce trouble dans le genre et dans les formes où la vidéo (Nicolas Comte) apparaît comme organiquement liée au jeu, donnant une véritable vie à l’image et rendant les adolescents présents à force égale. De hauts et simples panneaux nus reflètent la cour d’école, mais aussi la maison de George où va surgir sa mère en talons aiguilles, ou encore une cabane abandonnée. Tout est en noir et blanc, en clair-obscur, ouvrant encore l’imaginaire. Le fil conducteur de l’histoire est celui qui relie Mamadou et George. Ils sont dans la même classe. Lui est noir, elle est blanche. Lui rêve d’être d’ici, tandis que les autres le renvoient sans cesse à un ailleurs. Elle aurait voulu naître en Afrique, s’est inventée une autre enfance, et a même fini par dérober une peau noire à une enfant morte. Lorsqu’elle va à l’école, elle met cette peau noire, qu’elle quitte lorsqu’elle revient chez elle. Jusqu’au jour où une ombre lui dérobe ses deux peaux… et où elle se retrouve avec un épiderme à vif, «  couleur de lune  ». Sans plus aucune protection. Rythmée et réglée comme une chorégraphie, Skins and Hoods atteint par moments une grâce totale dans cette alchimie de jeu d’acteurs vivants et numériques rarement donnée à voir. Parfois, on a le sentiment que cela se brouille de quelques Larsen où l’on perd un peu le texte. Mais ces petites failles n’éteignent pas le plaisir d’entendre, portée sur la scène, adressée au même moment à des enfants et des adultes, une parole forte et visionnaire des problématiques sociétales et politiques d’aujourd’hui. Face aux alertes et aux troubles du monde, des auteurs répondent qu’ils sont là. « 

Vous pouvez retrouver l’article complet sur le site de l’Humanité ici

TOURNÉES CONSULAIRES EN ECOSSE ET MESURES D’ACCOMPAGNEMENT POUR LES AGENTS LOCAUX DU CONSULAT D’EDIMBOURG : LE COURRIER DE RÉPONSE DE M. LAURENT FABIUS

Le 5 juin dernier, j’ai fait parvenir un courrier à M. Laurent FABIUS, Ministre des Affaires étrangères et du développement international, afin de l’interpeller sur l’avenir de la circonscription consulaire du Consulat Général d’Edimbourg.

Outre ce courrier, vous pouvez retrouver mes trois questions écrites sur ce sujet iciici et ici.

J’ai récemment reçu un courrier de réponse de la part de Mr Laurent Fabius dans lequel il rappelle les mesures de restructuration prévues du consulat général d’Edimbourg en consulat d’influence :

  • le Ministère confirme la décision de fusionner les fonctions du consul général et de directeur d’antenne de l’Institut français à Edimbourg afin de concentrer les activités du prochain consul général sur « l’influence auprès des milieux politiques, économiques et culturels écossais« .
  • l’organisation régulière de tournées consulaires en Ecosse par le consulat général à Londres.
  • la poursuite de la dématérialisation des procédures civiles « en vue de simplifier le rapport entre l’usager et l’administration« .
  • s’agissant de la situation des agents du consulat général d’Edimbourg, le ministère veille à ce que « les septs agents de droit local dont le poste est supprimé bénéficient du meilleur accompagnement possible ».

Je tiens à rappeler qu’il ne s’agit pas de sept agents de droit local mais bien de cinq agents. À ce propos, j’aurais souhaité avoir plus de précisions sur les dispositifs concrets qui seront mis en place pour effectuer le « suivi individualisé » des agents locaux du consulat d’Edimbourg. Ces derniers (trois d’entre elles) ont formulés une demande de subvention pour bénéficier d’une formation sur les outils numériques, utile pour renforcer leurs employabilité.

Également, il aurait été bon d’obtenir des informations sur la fréquence des tournées consulaires qui auront lieu en Ecosse. Je rappelle que ces tournées consulaires sont déterminantes pour garantir un service de proximité pour les Français ne pouvant se déplacer à Londres.

Je continue d’être investi sur ce sujet en assurant mon soutien aux agents locaux dans leur recherche de dialogue avec le Ministère des Affaires Etrangères pour un déroulement apaisé de la transformation du Consulat d’Edimbourg.

Vous pouvez lire l’intégralité du courrier de Monsieur Laurent Fabius en cliquant ici puis ici.