Mon intervention sur le principe d’indisponibilité du corps humain et l’interdiction du recours à une mère porteuse

A l’initiative de députés du groupe Les Républicains, nous avons discuté deux propositions de lois visant à inscrire le principe d’indisponibilité du corps humain et l’interdiction du recours à une mère porteuse, ce que la législation française interdit déjà.
Avec mes collègues socialistes, j’ai rappelé avec force notre opposition à la GPA en nous inscrivant dans la cohérence du droit et des principes de notre Constitution.
Au-delà de l’aspect inadéquat de ces propositions de loi de droite qui visaient à relancer un débat inutile et dangereux dans le contexte actuel, je dénonce l’attitude choquante et scandaleuse des députés de droite qui ont proféré insultes et injures à mon collègue député des Français de l’étranger Pierre-Yves Le Borgn’ ainsi qu’à l’ensemble des députés de la majorité.

Nationalité française – enfants nés de GPA – Une bonne nouvelle

Le Conseil d’Etat a rejeté le recours formé contre la circulaire du 25 janvier 2013 relative à la délivrance des certificats de nationalité française en cas de recours à une convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui (GPA) ». Cette décision va permettre aux enfants concernés d’obtenir un certificat attestant de leur nationalité française dès lors qu’ils sont nés d’un parent français et qu’ils disposent d’un acte d’état civil étranger probant. Cette décision est l’expression d’un juste équilibre entre le principe d’ordre public interdisant la gestation pour autrui et la nécessaire protection qu’il convient de garantir à l’enfant au nom de son intérêt supérieur. Ce principe s’entend au sens de l’article 3 de la Convention de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l’enfant et de l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. [Il convient de] rappeler qu’une telle décision ne constitue ni une reconnaissance de la gestation pour autrui, ni une remise en cause de l’interdiction de la GPA en France, telle qu’elle est prévue par le code civil. Elle confirme, conformément à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme dans ses décisions du 26 juin 2014, la nécessité de distinguer le sort des enfants de celui de leurs parents et ainsi de leur garantir, sur le territoire national, le droit au respect de leur identité, dont la nationalité française constitue un aspect essentiel » (C. Taubira, 12/12/14). Je salue cette décision qui introduisait une discrimination insupportable pour ces cas d’enfants nés d’une GPA à l’étranger.