Migrants – Conseil européen – résumé des déclarations du Président de la République

15 octobre –

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« Après avoir protégé les frontières, après avoir créé les centres [d’accueil], l’ordre du jour présenté pour ce Conseil [européen de ce jeudi] c’est aider les pays qui accueillent de nombreux réfugiés à l’extérieurs de l’Union européenne » (PR, 15/10/15). « Il faut faire en sorte que les pays qui accueillent des réfugiés à l’extérieur de l’Union européenne, la Turquie, la Jordanie et le Liban puissent être aidés » (PR, 15/10/15). Un engagement doit être pris pour « une aide très importante vers ces pays ». C’est dans « notre intérêt, le leur et celui des réfugiés syriens » pour rester à proximité de leur pays d’origine. Ne pas les aider serait provoquer de nouveaux drames car « ce mouvement de départ [depuis] ces pays-là viendrait nécessairement vers les côtes européennes ». « Les Etats membres [doivent] faire des contributions supplémentaires ».

Pour ce qui est de la France,  100 M€ supplémentaires sur 2 ans seront dédiés au Programme alimentaire mondial et aux aides aux réfugiés. La Turquie « doit […] garder des réfugiés qui sont dans la population ou dans les camps et il est nécessaire de l’y aider » (PR, 15/10/15). Cela implique d’être vigilant sur les contreparties : « Il ne faudrait pas qu’au prétexte de vouloir que la Turquie nous aide à retenir des réfugiés qui sont dans son pays, il y ait un mouvement de libéralisation dans n’importe quelles conditions avec des visas qui pourraient être accordés à des individus dont on ne connaîtrait pas exactement l’identité ou qu’on ne pourrait pas vérifier ». 

« La France, avec d’autres pays, sera très attentive à ce que les conditions soient non seulement posées mais respectées ». Nous devons « être européens » (PR, 15/10/15). La France prendra sa part de responsabilité. « Ce serait trop facile de ne pas venir en aide aujourd’hui à l’Allemagne au prétexte que ce sont les Allemands qui font la [plus] grosse partie de l’effort ». « L’objectif est d’intégrer [les migrants] qui sont déjà là […] l’Allemagne, l’Autriche et la Suède [fournissent] le principal effort, la France [n’y a pris] qu’une part très modeste » (PR, 15/10/15).

Choisir la migration économique ou la solution européenne ?

« Free movement for those who have jobs », est-ce la bonne solution?

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La crise des migrants occupe les médias depuis plus d’un mois en France. Au Royaume-Uni, cela fait bientôt deux mois que la crise de Calais agite les responsables politiques et l’opinion publique, laissant libre cours à un discours réellement anti-européen. Au-delà des provocations habituelles et des notes d’humour, la crise des migrants va bien au-delà d’une régulation franco-britannique, il s’agit d’un problème européen. Seule une régulation européenne efficace permettra de trouver des solutions justes et adaptées.

La ministre de l’Intérieur britannique Theresa May, qui a rencontré à plusieurs reprises son homologue français Bernard Cazeneuve pour évoquer les conditions d’un accord solide réaménageant les principes de l’accord bilatéral du Touquet de 2003, a déclaré qu’il fallait accueillir les migrants ayant un travail. En d’autres termes « free movement for those who have jobs ». Elle a bien évidemment étayé son argumentation en rappelant que nous devions revoir les principes de Schenghen pour pouvoir mieux réguler les flux migratoires et éviter ces drames de migrants.

Les accords de Schenghen ont permis l’abolition des contrôles frontaliers pour les États signataires, ces accords ont été par la suite consacrés par le traité d’Amsterdam de 1999. Avec leur concrétisation, c’est la liberté de mouvement en tant que droit européen fondamental qui se trouvait réaffirmée. Vouloir sélectionner les migrants en fonction de leur capacité économique (obtention d’un emploi) est une fausse piste illustrant la méconnaissance ou le mépris du projet européen.

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6 ème Conférence de presse de François Hollande

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Voici les principales déclarations de François Hollande lors de sa 6e conférence de presse:

REFUGIES:

La France va accueillir 24.000 réfugiés sur les deux prochaines années, a annoncé le président, qui entend faire des choix « qui compteront le moment venu pour le jugement de l’Histoire ». M. Hollande a chiffré à 60.000 le nombre de demandeurs d’asile en France en 2015. Il s’est aussi dit prêt à accueillir « plusieurs centaines voire un millier » d’immigrés tout juste arrivés en Allemagne en provenance de Hongrie.

Selon lui, la crise des réfugiés, est « dramatique, elle est grave », mais « elle peut être maîtrisée et elle le sera ».

La France va proposer d’organiser une conférence internationale sur le sort des réfugiés et déplacés dans le monde à Paris.

Il a plaidé pour des centres dans les pays d’origine ou de transit pour éviter une « crise humanitaire gigantesque » et averti que sans politique d’ensemble, le mécanisme de répartition « explosera » et ce sera « la fin de Schengen ».

En France, un débat au Parlement sur les réfugiés sera organisé « dans les jours qui viennent ».

M. Hollande se rendra au Liban après l’Assemblée générale de l’ONU et visitera un « camp de réfugiés ».

Également, cet après-midi Bernard Cazeneuve a déclaré que la France accueillera en urgence un millier de réfugiés syriens, irakiens et érythréens dont la demande d’asile auprès de l’OFPRA leur sera proposé ainsi que des offres de logement pourront leur être proposés.

David Cameron a également déclaré aujourd’hui l’accueil de 20000 syriens au Royaume-Uni.

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MIGRANTS – INITIATIVE FRANCO-ALLEMANDE

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Les images d’aujourd’hui, reflet d’une réalité bien plus large, sont une interpellation à l’égard de la conscience européenne. Ce qui a été engagé ne suffit plus, et l’Europe doit faire davantage, au nom de ses valeurs, qui l’obligent.C’est pourquoi le président de la République a décidé avec Angela Merkel de transmettre dès maintenant à l’Union européenne des propositions communes, notamment pour un mécanisme permanent et obligatoire permettant d’organiser l’accueil des réfugiés et une répartition équitable en Europe. C’est ce qui a été fait pour 40 000 Syriens au mois de juin, il est aujourd’hui question de 100 000 personnes : ce mécanisme est nécessaire. L’ensemble des propositions formulées seront soumises au Conseil des ministres européens de l’Intérieur le 14 septembre prochain.

Ce jeudi, « une image fait le tour du monde et suscite une émotion, partagée », mais il y a tant d’autres « victimes qui ne sont jamais photographiées ». « Si cette image fait le tour du monde, alors elle doit aussi faire le tour des responsabilités. Il ne s’agit plus de s’attacher à des mots mais de sauver des vies » (PR, 03/09/15).

« C’est une tragédie et une interpellation à l’égard de la conscience européenne ». « L’Europe est un ensemble de principes et de valeurs qui obligent » à agir (PR, 03/09/15) :

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Coopération franco-britannique à Calais : un accord a été trouvé

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La rencontre qui a eu lieu entre la ministre britannique Theresa May et Bernard Cazeneuve a permis d´affiner les axes de coopération pour prévenir des crises futures à Calais.

« L’Europe connaît aujourd’hui une crise migratoire d’une exceptionnelle gravité, avec plus de 340 000 entrées irrégulières dans l’espace Schengen au cours des 7 premiers mois de l’année » (B. Cazeneuve, 20/08/15).

« Cette crise a des conséquences particulièrement visibles dans le Calaisis, où se retrouvent naturellement […] des migrants en provenance de la Méditerranée qui ont le projet de gagner le Royaume-Uni. Leur nombre est aujourd’hui de 3 000 ».

« La solution à cette crise ne saurait résider dans des initiatives nationales désordonnées, mais dans la coopération entre les États européens concernés ».

C’est là le sens de la démarche adoptée depuis plusieurs mois par les gouvernements français et britanniques :

1. « L’accueil humanitaire des migrants a été nettement amélioré » (B. Cazeneuve, 20/08/15) :

  • Une structure d’accueil de jour a été ouverte au terme d’un dialogue entre l’État – qui a financé les aménagements et le fonctionnement –, la mairie de Calais – qui a mis les lieux à disposition –,  les associations et le prestataire – qui en assurent le fonctionnement quotidien. L’Union européenne a également contribué et subventionné les deux tiers du projet  ».
  • Le centre peut ainsi servir actuellement en moyenne 2 000 repas par jour et permet aux migrants d’accéder à des sanitaires, à des douches et à des prises électriques. Un centre d’hébergement d’une centaine de places pour les femmes et enfants a également été créé.
2. « Un dispositif a été mis en place pour que les migrants relevant de l’asile puissent le demander aussi en France » (B. Cazeneuve, 20/08/15) :
  • « Conformément aux dispositions prévues par la nouvelle loi relative à l’asile, un logement est garantie pour les migrant  en dehors de Calais, plutôt que de les inciter à un passage périlleux et meurtrier à travers le tunnel sous la Manche ».
  • A ce jour, plus de 900 migrants ont ainsi demandé la protection en France et ont pu quitter Calais dans de bonnes conditions. Par ailleurs, il a été procédé à plus de 1000 reconduites à la frontière d’étrangers en situation irrégulière ».
  • Un « appel a été fait cette semaine à la Commission européenne afin qu’elle contribue financièrement à la création de places d’hébergement pour les migrants qui s’engagent dans cette démarche, ainsi qu’à l’aménagement du campement de la Lande »
3. « Les services préfectoraux et les forces de l’ordre sont engagés avec détermination dans la lutte contre les filières d’immigration clandestine » (B. Cazeneuve, 20/08/15) :
  • « Au cours des 7 premiers mois de 2015, ce sont ainsi 19 filières opérant vers le Royaume-Uni qui ont été démantelées, contre 14 sur l’ensemble de l’année 2014 ».
  • « Pas moins de 514 trafiquants ont ainsi été interpellés depuis le mois de janvier, soit 18 % de plus que l’an passé au cours de la même période ».
4. « Les autorités françaises et britanniques ont agi de façon conjointe pour renforcer le dispositif de sécurité existant à Calais » (B. Cazeneuve, 20/08/15) :
  • Le gouvernement britannique a contribué à hauteur de 15 millions d´euros à la sécurisation du port à Calais, puis à la sécurisation du site d’Eurotunnel et de sa périphérie.
  • « De son côté, le gouvernement français a considérablement renforcé la présence policière sur place. Aujourd’hui, ce sont 1300 policiers et gendarmes qui sont mobilisés sur le site de Calais, dont 500 ont été envoyés en renfort par ce gouvernement. Grâce à leurs efforts, les intrusions dans le tunnel ont diminué ces 20 derniers jours. Depuis la fin du mois de juillet, le nombre quotidien de ces tentatives a même été diminué par 10 ».
Le nouvel accord signé ce jeudi par Bernard Cazeneuve et son homologue britannique à Calais « constitue une nouvelle et importante illustration de cette coopération franco-britannique ».

Il s’agit de « renforcer encore la coopération en matière de sécurité et de lutte contre les filières criminelles et de l’étendre à de nouveaux sujets, concernant certains aspects humanitaires de l’accueil des migrants » (B. Cazeneuve, 20/08/15) :

–          « Le Royaume-Uni va apporter des moyens sophistiqués pour sécuriser le site du Tunnel et l’accès au Tunnel lui-même, une nouvelle salle de contrôle intégrée sera mise en place, des équipes supplémentaires de fouille du fret seront déployées 24h/24 et 7j/7. Un protocole de coopération a également été signé dans ce cadre entre le Ministère de l’intérieur et la société Eurotunnel » afin de l’aider dans sa sécurité.

–          « Il s’agit ensuite de renforcer la coopération entre les services de sécurité français et britanniques, afin de de lutter plus efficacement contre les trafics d’immigration illégale », « trafic abject qui conduit à des tragédies humaines, des morts » : 2 « hauts responsables », seront chargés d’assurer un commandement unifié ; un centre de commandement et de contrôle intégré sera établi à Coquelles, avec des forces de sécurité intérieure française et britannique ; il y aura davantage d’échanges de renseignements opérationnels entre les services des 2 pays.

–          « Face à un problème humanitaire de cette ampleur, nous devons améliorer encore la protection des plus vulnérables – en particulier les femmes et les enfants victimes de la traite – en les mettant à l’abri dans des logements protégés ». Un soutien financier du gouvernement britannique sera apporté à hauteur de 5 Millions d´euros par an pendant 2 ans. « Au total, ce sont donc déjà 35 Millions d´euros que le Royaume-Uni aura apporté afin d’améliorer la situation à Calais ».

« Les solutions de moyen terme à cette crise doivent être recherchées aux niveaux européen et international » (B. Cazeneuve, 20/08/15), notamment sur les sujets de la politique migratoire européenne et de la de lutte contre l’immigration irrégulière.
Bernard Cazeneuve est ce jeudi soir à Berlin pour discuter de ces sujets avec son homologue Thomas de Maizières.

Le Premier ministre viendra à Calais le 31 août, accompagné des deux commissaires européens spécialisés, Frans Timmermans et Dimitris Avramopoulos.

Afin de progresser sur la question du retour des migrants irréguliers, il faut « accélérer la mise en place, d’ici la fin de l’année au plus tard, d’un centre d’aide au retour et de prévention des départs au Niger, sous l’égide de l’Organisation internationale des Migrations et en mobilisant des financements européens ». La question du partenariat avec les pays source et de transit sera au cœur des échanges entre pays européens et africains lors du Sommet de Malte le 11 novembre prochain. Vis-à-vis de cette crise « certains font le choix d’exalter les égoïsmes nationaux, de dénoncer l’incurie supposée des gouvernements étrangers, de jeter l’anathème sur les migrants, dépeints comme des profiteurs ou des déserteurs, d’appeler de façon incantatoire au rétablissement des frontières, y compris là où elles n’ont jamais disparues ». A l’inverse, « il y a le choix [du gouvernement], de la lucidité et de la responsabilité, qui est aussi le choix de l’humanité et de la fermeté » (B. Cazeneuve, 20/08/15).

Pour ma part, je suis intervenu hier après-midi sur la BBC 5 live, pour me féliciter qu´un accord ait pu être trouvé permettant d´agir à la fois sur la sécurisation du site, la prise en charge des migrants et le recrutement de policiers compétents. Un centre de commandement et de contrôle des filières sera créé à Coquelles avec une coopération active en matière de renseignement. Dans le même temps, la réponse est surtout européenne pour pouvoir faire face à cette pression migratoire et la réguler de la manière la plus humaine possible.

Retrouvez mon intervention du jeudi 20 août sur la BBC radio 5 ici.

Également, vous pouvez retrouver ma question écrite ici et mes dernières interventions sur les ondes de la BBC iciici et ici.