Choisir la migration économique ou la solution européenne ?

« Free movement for those who have jobs », est-ce la bonne solution?

Capture d’écran 2015-09-11 à 15.01.39

La crise des migrants occupe les médias depuis plus d’un mois en France. Au Royaume-Uni, cela fait bientôt deux mois que la crise de Calais agite les responsables politiques et l’opinion publique, laissant libre cours à un discours réellement anti-européen. Au-delà des provocations habituelles et des notes d’humour, la crise des migrants va bien au-delà d’une régulation franco-britannique, il s’agit d’un problème européen. Seule une régulation européenne efficace permettra de trouver des solutions justes et adaptées.

La ministre de l’Intérieur britannique Theresa May, qui a rencontré à plusieurs reprises son homologue français Bernard Cazeneuve pour évoquer les conditions d’un accord solide réaménageant les principes de l’accord bilatéral du Touquet de 2003, a déclaré qu’il fallait accueillir les migrants ayant un travail. En d’autres termes « free movement for those who have jobs ». Elle a bien évidemment étayé son argumentation en rappelant que nous devions revoir les principes de Schenghen pour pouvoir mieux réguler les flux migratoires et éviter ces drames de migrants.

Les accords de Schenghen ont permis l’abolition des contrôles frontaliers pour les États signataires, ces accords ont été par la suite consacrés par le traité d’Amsterdam de 1999. Avec leur concrétisation, c’est la liberté de mouvement en tant que droit européen fondamental qui se trouvait réaffirmée. Vouloir sélectionner les migrants en fonction de leur capacité économique (obtention d’un emploi) est une fausse piste illustrant la méconnaissance ou le mépris du projet européen.

Lire la suite

Évaluer humainement le drame des migrants

Le Président de la République s’est entretenu avec M. Werner Faymann, Chancelier fédéral d’Autriche, à la suite de l’épouvantable tragédie qui a coûté la vie à plus de 70 migrants et lui a fait part de sa solidarité dans cette épreuve.

Ils ont tous deux marqué leur détermination à lutter avec une fermeté sans faille contre les filières de trafiquants d’êtres humains et à garantir les frontières extérieures de l’Europe. Comme la France et l’Allemagne l’avaient demandé à Berlin en début de semaine, le Président et le Chancelier autrichien ont tous deux appelé à la mise en œuvre sans délai des décisions prises par le Conseil européen, pour notamment :

  • accélérer l’ouverture des centres d’accueil nécessaires enItalie et en Grèce ;
  • répartir équitablement les demandeurs d’asile entre les Etats membres de l’Union ;
  • raccompagner dans la dignité les personnes entrées illégalement.

A terme, le Président et le Chancelier ont plaidé pour aller vers un système européen unifié d’asile et une politique migratoire commune. 

Si le Conseil européen met davantage en avant une coordination intergouvernementale, il serait bon qu´un débat plus large ait lieu sur les contours d´une politique migratoire commune. L´Union européenne s´est construite sur l´idée de mobilité et je dirais même l´idée de mobilité partagée. À nous de faire face dignement à ce défi en n´oubliant pas ce que la migration apporte à nos sociétés. Ce n´est d´ailleurs pas un hasard si l´Organisation Internationale de la Francophonie a fait de la migration le patrimoine de l´humanité. Je récuse de ce point de vue le discours de la ministre de l´Intérieur britannique, Theresa May, voulant privilégier les migrants ayant un emploi.