PAQUET NEUTRE – Tribune de soutien à la Ministre des Affaires sociales et de la Santé

TRIBUNE – J’ai co-signé dans l’Obs, avec soixante-deux parlementaires PS et écologistes, une tribune en soutien à Marisol Touraine pour son Plan national de réduction du tabagisme et pour la mise en place du paquet neutre. 

Capture d’écran 2015-11-10 à 14.07.15

Nous parlementaires socialistes et écologistes tenons à réaffirmer notre soutien total à la Ministre des Affaires sociales et de la Santé dans la lutte qu’elle mène contre le tabagisme à travers le Plan national de réduction du tabagisme (PNRT).

Il est urgent que des mesures soient prises, et le paquet de cigarettes neutre constitue une étape majeure vers la sortie du tabac. 

Une efficacité prouvée, surtout sur les jeunes

Des preuves concrètes démontrent que le paquet de cigarettes neutre a un impact bénéfique sur la santé, car il réduit l’attractivité du produit pour les consommateurs, notamment les femmes et les jeunes, cibles principales des cigarettiers.

Il augmente l’efficacité et la visibilité des avertissements sanitaires, il permet de contrer l’idée que le tabac est un produit de consommation comme les autres.

Plus de 200.000 enfants et jeunes adolescents tombent chaque année dans le piège de la cigarette et l’addiction. Pour les y inciter, les fabricants de tabac utilisent, depuis plusieurs décennies, l’attractivité de l’emballage. La supprimer contribue à protéger les jeunes.

La France, un pays de gros fumeurs

Lire la suite

TRIBUNE SUR LE RENFORCEMENT DE LA LUTTE CONTE LE SYSTÈME PROSTITUTIONNEL: L’EXEMPLE NORDIQUE

Capture d’écran 2015-10-15 à 12.31.31

À l’initiative de la tribune « renforcer la lutte contre le système prostitutionnel: l’exemple nordique » publiée dans Mediapart, j’ai souhaité, aux côtés de 7 autres parlementaires et sénateur-trice-s, recourir à l’exemple de l’Europe du Nord et plus particulièrement du modèle suédois pour tirer les conséquences de l’abolition de la prostitution sur la société. L’étude des effets réels de cette politique est sans appel: division par deux du nombre de prostitué-e-s; dissuasion des réseaux de traite et de proxénétisme de s’implanter; évolution des mentalités face à la prostitution et promotion de l’égalité les femmes et les hommes. À contre-courant des idées de Les Républicains qui en instaurant en 2003 le délit de racolage passif ont participé à la pénalisation des prostitué-e-s, cette loi vise au contraire à renforcer la protection des personnes prostitué-e-s et à éradiquer la traite des êtres humains.

« Le Sénat examine actuellement en seconde lecture la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées.

Nous espérons que les quatre piliers de la loi votée en première lecture à l’Assemblée nationale que sont le renforcement de la lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains, la dépénalisation des personnes prostituées accompagnée de la création d’un parcours de sortie de la prostitution, la prévention du recours à la prostitution et l’éducation à la sexualité et la responsabilisation des clients à travers la pénalisation du recours à des actes sexuels tarifés  – supprimée en première lecture par le Sénat et rétablie par l’Assemblée nationale – pourront entrer à cette occasion dans notre droit positif.

Lire la suite

La banque simplifiée, c’est la vie sans chéquier comme en Suède

J’ai récemment écrit une tribune publiée sur le site de GlobalizNow relative à la dématérialisation des opérations bancaires en Suède et en France. 

Pour lire cette tribune sur le site de GlobalizNow, cliquez ici.

La dématérialisation des opérations bancaires est en marche en France. <-> Regard sur les pays nordiques.

Tout le monde a connu la mention « n’accepte pas les cartes bancaires en dessous de 15 euros » ; or, selon les mesures de simplification adoptées par le gouvernement, ce type de message devrait largement diminuer à l’avenir grâce au règlement des opérations quotidiennes par la carte de crédit. C’est l’occasion de revenir sur l’histoire des transactions bancaires dans les pays nordiques et sur ce qui a déjà été fait là-bas.

En Suède, la plupart des paiements s’effectuent par carte bancaire ou de manière électronique. Vous pouvez même payer vos factures sur l’iPhone grâce à une application sécurisée reliée à votre compte bancaire. Pour payer les factures, le système de virement est sécurisé. En Norvège, il existe également ce système de transactions particulières grâce au Bankgiro, le Norwegian Giro System, géré par le centre des paiements bancaires (Bankenes Betalningssentral, BBS). Ce système sécurisant les transactions particulières des banques privées existe depuis 1973 en Norvège (code pour les virements avec les références du virement) avant d’être numérisé. Le bankgiro concurrence le postgiro utilisé par la banque postale. Le système ne fait pas de distinction entre les comptes de clients particuliers utilisant la couronne norvégienne. Il est optimal pour les paiements en ligne mais il peut être utilisé par la poste (Brevgiro), le téléphone (Telegiro). Le Postgiro a été remplacé à la fin des années 1990 par le Bankgiro.

Ce qu’il reste à faire en France

En France, on assiste depuis quelques temps à une tendance à la simplification des opérations bancaires. Les virements internationaux SEPA sont possibles depuis l’été dernier et les banques ont des applications pour smartphone facilitant la gestion des budgets. Comme dans les pays nordiques, il est également possible de payer par carte de crédit des achats quotidiens comme le pain par exemple. Cela signifie que les transactions bancaires sont de plus en plus numériques et passent moins par l’échange de monnaie.

La bonne nouvelle, c’est qu’il sera beaucoup plus facile à l’avenir de changer de banque grâce à la mise en place de comparateurs d’honoraires. Cette mesure accroît le pouvoir des consommateurs et dynamise la compétitivité des établissements bancaires. En revanche, le paiement des factures grâce à des virements sécurisés avec l’intégration des références des débiteurs serait de nature à fluidifier les transactions bancaires. En Suède, les organismes débiteurs possèdent tous une numérotation de la facturation (numéro OCR) qui permet de soigner le suivi des factures. En outre, les chèques n’existent presque plus en Suède. Quand aurons-nous cette simplification numérique pour économiser des tâches inutiles en France ? Cela serait un gain précieux pour toutes les TPE qui souhaitent être soulagées de toutes ces charges administratives. Espérons que les mesures de simplification annoncées par le gouvernement intègrent ces nouveaux modes de facturation.

Jean-Marie Le Pen devient-il le meilleur ennemi du Front National ?

J’ai récemment écrit une tribune publiée sur le site de Politique Matin suite l’éviction du Président d’Honneur du Front National. 

Pour lire cette tribune sur le site de Politique Matin, cliquez ici.

« Le Front National vit une époque sacrificielle paradoxale : comment réaliser le meurtre du père pour instituer définitivement la légitimité de la dynastie Le Pen ?

Jean-Marie Le Pen, un bouc émissaire ?

René Girard a tout au long de son œuvre insisté sur la dimension symbolique et sacrificielle du bouc-émissaire. Pour un Jean-Marie Le Pen qui a toujours désigné les étrangers comme étant les responsables des maux de la France, le destin a un parfum d´ironie. Au-delà de la mise en scène spectaculaire de la dynastie Le Pen en allant de la fille un temps légitimiste jusqu´à la petite-fille qui soigne l´héritage des valeurs, on peut se demander si cette mise à l´écart est de l´ordre de la régénération symbolique du parti ou au contraire si elle participe d´un tournant idéologique de cette formation engrangeant des succès électoraux successifs.

C´est un sacrifice nécessaire non pas sur l´autel des idées mais sur la stratégie politico-médiatique engagée par Marine Le Pen souhaitant joindre la protestation des « sans grade » (terme utilisé par Jean-Marie Le Pen le soir du 21 avril 2002) délaissés par la mondialisation à la strate historique des électeurs du Front National. Le Front National a changé de stratégie en adaptant à la marge son fonds de commerce idéologique. L´antisémitisme disparaît pour laisser place à un discours antimusulman accroché à une valeur-phare de la république, celle de laïcité que cette formation avait pourtant attaquée en son passé.

Un parti d’extrême-droite en quête de pouvoir

Le Front National demeure un parti d´extrême-droite en quête de pouvoir. Si l´éviction de son président d´honneur est inéluctable, elle n´en demeure pas moins un mal nécessaire. Jean-Marie Le Pen se trouve extérieur à son propre parti, son produit qu´il a mis toute une vie à créer au service de sa personne sans forcément penser à diriger le pays. Une formation politique centrée autour d´un chef a dû mal à survivre si elle ne crée pas des strates intermédiaires (une organisation avec des cadres et une structuration des mouvances qui lui sont liées).

L´éviction de Jean-Marie Le Pen devient une chance inespérée de mettre à exécution le meurtre parfait et de préparer un enterrement politique avant la lettre. En ce sens, Jean-Marie Le Pen est l´allié sacrificiel de cette mutation à ceci près que sa révolte mal contenue pourrait entamer une partie de la crédibilité de cette formation politique. Cependant, dans un pays qui n´est pas avare de scandales politiques, ce meurtre n´est en réalité pas gênant, il contribue plutôt à susciter un intérêt envers ce parti qui s´implante durablement dans le paysage politique français. »

 

Dix ans après le «Non», l’Europe ne doit plus être un boulet

J’ai cosigné avec mes collègues parlementaires une tribune publiée dans Libération et intitulée « Dix ans après le « Non », l’Europe ne doit plus être un boulet« .

Retrouvez la tribune ci-dessous ou sur le site de liberation.fr.
779374-000_par8167480

«Si l’Europe m’explique dans le détail comment on doit pêcher l’espadon mais qu’elle ne me dit rien sur la manière de sauver un immigrant qui se noie, cela veut dire que quelque chose ne va pas». Déclaration du Premier ministre italien en 2014. Tout est dit : quelque chose ne va pas.

Le sentiment d’appartenir à l’Europe n’est pas inné, il se construit sur du concret et pas sur des mots. Sur des politiques d’accueil de migrants et pas sur des règles de pêche à l’espadon. Et il ne peut se construire que sur l’envie de vivre ensemble ; autrement dit sur l’évidence de la solidarité. «L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble: elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait.» postulait Robert Schuman. En dépit des discours lors des Conseil européens, qui pourraient sérieusement défendre l’idée qu’il subsiste aujourd’hui une quelconque solidarité entre la Grèce et la Méditerranée… et la City ? Les citoyens européens ne s’y trompent pas. Les dernières élections européennes ne risquent pas de changer cet état de fait : à peine les bulletins étaient-ils dépouillés et les urnes refermées que la routine reprenait à Bruxelles.

Lire la suite