Infolettre du 20 janvier

Je vous invite à lire ma dernière infolettre.

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Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Les dimanche 22 et 29 janvier, si vous vous trouvez en France et que vous y êtes inscrits sur les listes électorales, je vous invite à vous exprimer dans l’un des bureaux de vote que vous pourrez retrouver sur http://www.lesprimairescitoyennes.fr. Au moment où le 45e Président des États-Unis est investi, au moment où Theresa May se prononce pour un hard Brexit avec un discours d’un conservatisme décalé, il est important de pouvoir effectuer des choix clairs et de s’investir dans les campagnes électorales à venir. Les démocraties restent fragiles et le retour des grandes puissances sur le devant de la scène implique de protéger ce qui nous est commun, de renforcer et l’ensemble des coopérations internationales dont nous avons besoin. Le moment est décisif pour l’Union européenne qui devra faire l’effort de se retrouver sur l’essentiel et de construire ses propres politiques communes en matière de défense avec le retrait annoncé de l’OTAN, de recherche et d’innovation et de bien-être social et environnemental. Dans ce contexte, les représentants des Français de l’étranger ont un rôle de médiation pour accompagner ces transitions. J’ai conscience de la situation schizophrénique que vous vivez et nombre d’entre vous, en particulier au Royaume-Uni, craignez après les annonces de Theresa May des entraves à la liberté de circulation des personnes et des capitaux. Je me tiens à votre disposition pour regrouper les indications portant sur les conséquences administratives du Brexit en cours afin que vous puissiez y voir plus clair. Je vous propose de témoigner sur le Brexit (https://christophepremat.com/category/brexit/temoignages-brexit/)  afin que ces échanges mutuels puissent nous éclairer collectivement sur les meilleures démarches à effectuer. Pour celles et ceux d’entre vous qui avez émis le souhait de revenir en France dans un avenir proche ou lointain, je vous rappelle que nous avons travaillé spécifiquement sur cette question au cours de cette mandature (https://christophepremat.com/2015/07/23/retour-en-france-des-francais-de-letranger-rapport-de-la-senatrice-helene-conway-mouret/). Que ce soit sur la simplification des démarches administratives, l’anticipation du retour ou dans l’accompagnement des mobilités, les autorités se montrent de plus en plus attentives au sort de nos compatriotes de l’étranger, cela mérite d’être souligné.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat

#15 Brexit – Témoignage d’une Française au Royaume-Uni

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Je suis venue m’installer à Edimbourg en 2009, après avoir obtenu mon diplôme de Master en France. Ayant fait des études d’anglais, dont une année en Irlande en échange, j’avais découvert Edimbourg lors d’un séjour touristique et j’envisageais de m’y installer depuis plusieurs années. Il s’agissait d’un choix personnel, motivé par mon intérêt pour cette ville, plutôt qu’un choix lié à des motivations pratiques telles que la recherche d’emploi.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

Travaillant dans le secteur des relations internationales, mon environnement professionnel comprend beaucoup de ressortissants européens. Le Brexit a donc été un sujet de discussion au travail et les inquiétudes sont palpables, d’autant plus que dans le milieu universitaire les collaborations UK-Europe sont cruciales aux échanges étudiants et à la recherche académique. En-dehors du travail, je n’ai pas ressenti de changement d’attitude particulier à mon égard.  Lire la suite

#14 BREXIT – TÉMOIGNAGE D’UNE FRANÇAISE AU ROYAUME-UNI

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Mon mari (né à Leeds), de mère Française et de père anglais, a fait ses études en France et a travaillé en France, mais à l’époque il lui fallait la Carte verte de Résident. Il a travaillé entre autre pour l’ORTF. Tout n’allant pas pour le mieux à l’ORTF, il travailla par la suite comme Indépendant en Animation 3D pour films pour enfants, mais la plupart des commandes étaient pour la BBC. Nous avons donc déménagé en 1969 et sommes venus nous installer à Londres. Je dois préciser qu’à mon mariage j’avais gardé ma nationalité française.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

Mon ressenti? Un genre de trahison qui m’a mise extrêmement mal à l’aise, vivant seule depuis le décès de mon mari en 2004. Avec un grand point d’Interrogation sur l’avenir pour tous et pour moi.

J’ai subi ainsi que ma famille quelques problèmes de ce genre: mon père était d’origine Russe et avait fui son pays à la révolution. Ma mère Française et mon père s’étaient installés pour des raisons de travail en Egypte….et en 1956 nous étions mis à la porte! Ce fut ensuite au tour de mes deux oncles de quitter l’Algérie….alors serait-ce à mon tour de devoir quitter le Royaume Uni ? Lire la suite

#13 BREXIT – TÉMOIGNAGE D’UNE FRANÇAISE AU ROYAUME-UNI

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Le Royaume-Uni m’a choisie ! Suite à un coup de foudre alors que je travaillais en Belgique, je suis arrivée à Londres en septembre 1984 et je partage d’ailleurs toujours ma vie avec la même personne.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

Sentiment de rejet. Je ne décolère pas. Nous sommes devenus des pions sur un échiquier dont  le gouvernement britannique ne maîtrise pas du tout les règles, pire il semble aller à l’aveuglette et fait preuve de beaucoup d’arrogance. Les britanniques n’ont jamais cru au projet européen en tant que tel et donc ils ont claqué la porte sans aucune considération stratégique, totalement bernés par les leaders de LEAVE.

3) Dans quelle mesure ce vote a-t-il influencé la relation que vous entretenez avec le pays et avec les Britanniques ainsi que vos projets futurs (en termes d’activité professionnelle, de mobilité et de choix lié à la nationalité) ?

Les Britanniques que je fréquente sont aussi inquiets, donc nous sommes sur la même longueur d’onde.

Ma relation avec le pays s’est refroidie. J’ai fait du bénévolat. Je suis membre de diverses associations (RSPB, Alexandra Park Trust, BBBCT, PDSA). Je n’y renoncerai pas mais j’ai fait un legs à l’une de ces organisations et j’avoue songer à revoir ma décision. Lire la suite

#12 BREXIT – TÉMOIGNAGE D’UN FRANÇAIS AU ROYAUME-UNI

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1) Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer au Royaume-Uni ?

Pour des raisons professionnelles. Après l’obtention d’une thèse d’université j’ai effectué un post-doc à l’Université de Cambridge est j’ai postulé à un emploi d’enseignant en Grande Bretagne.

2) Quel est votre ressenti et quelle est votre expérience, en tant que Français établi au Royaume-Uni, depuis le vote Brexit du 23 juin ?

Aucun changement dans ma vie sociale.  Winchester la ville ou je réside a majoritairement voté en faveur de l’Union Européenne.  En revanche, j’ai à deux reprises expérimenté des interactions que l’on pourrait qualifiée de discriminatoires.  La première a eu lieu peu après le référendum (début juillet) quand j’ai téléphoné au Home Office, la personne qui m’a répondu a été ouvertement hostile, feignant de ne pas comprendre mon anglais et prétendant que je confondais le nom avec le prénom. La seconde est plus récente, s’agissant d’un comptable à qui je demandais des renseignements d’imposition bilatérales, m’a dit qu’une autre possibilité était démissionner de mon poste à l’université et de rentrer en France.  Je n’accorde aucune attention à ce type de commentaire, il démontre cependant l’existence d’attitude fondamentalement différente entre une attitude Européenne (quelque soit notre nationalité) et une attitude nationaliste.

3) Dans quelle mesure ce vote a-t-il influencé la relation que vous entretenez avec le pays et avec les Britanniques ainsi que vos projets futurs (en termes d’activité professionnelle, de mobilité et de choix lié à la nationalité) ?

Je vais devoir prendre des décisions dans les deux années qui viennent, décision que je ne comptais pas considérer avant 2020-22. Mon attitude vis à vis des Britanniques n’a pas changé.  Dans l’enseignement supérieure il me semble que la culture est essentiellement européenne. Beaucoup d’Anglais sont européens, à leur manière, comme chacun d’entre nous et sont soucieux de préserver leur liberté d’échange et de circulation.  

4) Quelles sont vos attentes vis-à-vis des gouvernements français et britannique, et de l’Union européenne ?

J’aurais souhaité voir plus de solidarité Européenne s’exprimer de la part de l’Europe envers les 48 % de Britanniques qui souhaitaient poursuivre la construction de l’Europe.  J’ai entendu qu’il y aurait peut-être un statut spécial accordé à ceux qui souhaitent préserver leur identité européenne. Mes attentes vont dans ce sens, c’est à dire de donner à l’individu la possibilité de déterminer lui-même son identité Européenne.